SEMAINE 47 (du 17 au 22 novembre 2008)
1. CODEVAL
Réunion du Comité syndical de Codeval à Dangé Saint Romain.
Réunion très positive. La volonté d'entreprendre est intacte et n'est pas, pour le moment, atteinte par les multiples inquiétudes liées à la conjoncture.
Tout le monde a bien travaillé.
L'appel d'offres pour les études est prêt.
La personne en charge du suivi du projet est recrutée.
Les orientations budgétaires ont été adoptées à l'unanimité.
So far, so good.
On investit par nécessité, bien sûr, mais aussi pour préparer un meilleur avenir.
Il faut bien évidemment tenir des contingences du présent et de l'avenir proche: fermeture annoncées des sites sur les quels nos collectivités enfouissent ou font enfouir leurs ordures ménagères.
Mais, en même temps il faut, quand on est sur un projet raisonnable, continuer à avancer.
C'est le cas, avec Codeval, qui doit apporter un service de meilleure qualité à un coût qui devrait rester à un niveau supportable . En outre, celui-ci pourra être
comparé aux coûts des trois opérateurs privés, présents sur le territoire de notre département et qui, faute d'un projet comme le nôtre, resteraient entre eux sur le marché.
Ce qui n'interdit pas de trouver des coopérations intelligentes du type gagnant-gagnant.
En outre, une façon efficace de lutter contre la crise est de continuer à investir dans des projets dont l'utilité est incontestable: on fait travailler les
fournisseurs et on dégage de nouvelles marges pour l'avenir.
C'est une des meilleurs façons de restaurer la confiance.
2. Ecoute
Quelque chose est en train de bouger en matière de LGV.
M.Tomasini, préfet de région nouvellement nommé, a pris l'initiative de recueillir l'avis des maires des six communes- dont
Jaunay-Clan- particulièrement touchées par la nouvelle ligne.
Il agit sur mission du secrétaire d'Etat aux transports, manifestement désireux de trouver une solution aux différends constants
entre RFF et communes et à la mauvaise impression laissée par l'enquête publique.
Il dispose d'un peu de monnaie à cet effet, somme différente (dans le sens du moins) du montant de 40 millions d'euros annoncé
par D.Bussereau mais qui ne contredirait pas pour autant ce montant. Le temps nous permettra de comprendre.
Les intentions sont louables et crédit doit être accordé à cette manifestation d'ouverture.
L'avenir proche dira si cette méthode, plus respectueuse des citoyens, permettra de construire les compromis intelligents et
conformes aux propos de nos gouvernants sur le développement durable que tout un chacun est en droit d'attendre.
3.Vive les artistes
Surprise, samedi matin, en pénétrant dans la salle du Conseil Municipal de Jaunay-Clan.
Au lieu et place de la décoration sobre qui sied à un tel endroit, j'ai découvert des murs colorés par de nombreux tableaux et masques, une table centrale fort
bien dressée sur laquelle se pressaient, disposés dans une harmonie très réussie, mets et garnitures de verdures, le tout accompagné en musique de fonds par un quatuor de
musiciens issu de la formation Neuville-en-jazz.
Les nombreuses personnes qui avaient répondu à l'invitation de Mme Buisson, auteure des tableaux et des masques, habitante de Charrais, étaient ravies et
ont passé un excellent moment.
C'est une excellente démonstration de ce qu'est capable de faire l'art : interprèter une réalité pour la transformer, pour quelques heures ou
pour l'éternité, en un moment de plaisir et de communion.
Dans les moments un peu rudes que nous connaissons, nous avons encore plus besoin des artistes.
4.Assourdissant silence.
Que deviennent nos économistes?
Alors que nous nous enfonçons dans la crise économique, que la crise financière continue ses ravages ( Citygroup, le plus important établissement financier mondial
vient d'être sauvé in extremis par le Trésor US), peu d' économistes s'expriment.
Pour analyser ce qui se passe.
Pour évoquer des scénarios.
Pour tenter de discerner quelques tendances pour l'avenir.
Beraucoup de discrétion.
L'économie est-elle une science? On peut en douter comme continuent à le faire les adversaires du prix Nobel d'économie, qui, d'invention récente, n'est en réalité
que le prix décerné par la Banque de Suède et qui est aujourd'hui, subrepticement autant qu'habilement, assimilé aux autres prix Nobel.
L'économie ne serait-elle que l'explication a posteriori des comportements humains et la résultat plus ou moins lointain de décisions politiques? D'ailleurs,
il n'y a pas si longtemps on parlait d'économie politique, signifiant en cela à quel point les deux approches sont indissolublement liées.
C'est, bien sûr, plus complexe.
Quand tout va bien, on voit bien que les politiques ont envie de dire que ces résultats sont obtenus grâce à la mise en oeuvre de leur programme . Quand
tout va vraiment très mal, il faut bien qu'ils rassurent en soutenant que seuls, ils sont capables d' actionner les bons leviers. Il est indéniable
que, dans un certain nombre de cas heureux et malheureux, on retrouve la décision politique comme cause première.
En revanche, quand on vit au sein d'une entreprise, on constate à quel point les impulsions politiques ( c'est à dire le jeu de leviers évoqué
ci-dessus) sont lointaines et assourdies et quelle part, somme toute marginale, elles prennent dans les décisions des entreprises.
Et pourtant, il n'y a, quoique certains en pensent, d'économie que d'entreprises.
L'époque seprête particulièrement bien à un approfondissement des relations entre économie et politique .
Particulièrement en France où le défaut de culture économique est plutôt général et assez constant chez la plupart de nos gouvernants et gens de média.
Une telle analyse serait certainement très fructueuse et de nature à mieux identifier les rôles respectifs des uns et des autres en temps de crise, de prévention de
crise et même de prospérité.
C'est quelque part ce qui se passe avec la sourde lutte apparue à l'occasion du G20 entre les chefs de gouvernement, politiques par nature et destination, et
les "techniciens " des banques centrales qui estiment que l'économie est chose trop sérieuse pour être confiée aux politiques. Témoigne de cette lutte le
rôle incertain confié au FMI, trop politique pour les banques centrales et trop tecnicien pour certains Etats.
Alors, messieurs les économistes, au travail. Vous avez un superbe sujet sur lequel exercer vos cellules grises. Et peut-être en fin de course gagner un
prix Nobel?
Tout le monde a besoin de vos réflexions..
Francis Girault