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Garder la trace des jours qui passent....

Noter ses réflexions,impressions, réactions aux faits, évènements du quotidien.

Les échanger, les partager, les discuter.

Tout cela est possible aujourd'hui, quelle que soit  l'heure, l'endroit, l'humeur....

C'est pourquoi j'ouvre ce blog aujourd'hui dans l'esprit de notre temps:spontanéité, réactivité,franchise et tolérance dans le débat.

Vous êtes cordialement invité(e) à y participer.

Francis Girault

Lundi 1 décembre 2008

SEMAINE 48 (du 24 au 28 novembre 2008)



1.Fin d'année


Plus que quatre petites semaines et nous arriverons à la fin de 2008.


Qu'en restera t'il dans les mémoires? Un raté magistral du système que d'aucuns s'empressent de comparer à l'effondrement du régime communiste.


Produit du gigantisme ( les méga-entreprises dont on perd la maîtrise, les méga-pays émergents tels la Chine, l'Inde, le Brésil que l'on n'a pas encore l'habitude de voir intervenir dans le jeu mondial, une forte croissance générale qui devait bien à un moment ralentir).

Produit de la globalisation qui fait que les bons comme les mauvais coups se transmettent instantanément à tous les pays de la planète.

Produit d'un emballement exceptionnel du pétrole et des matières premières pour cause de demande mondiale d'un niveau inconnu jusqu'à ces derniers temps.

Produit du rêve éternel de faire plus de rentabilité en courant moins de risque, rêve que l'on a cru réaliser à coup d'injection de matière grise dans la finance et grâce aux moyens nouveaux offerts par la technologie.


En réalité, c'est la première grande crise de notre vingt et unième siècle, résultat des extraordinaires mutations effectuées depuis une trentaine d'années.



2009 sera l'année de l'ajustement et de la correction


Il faut digérer tout cela. Personne ne peut dire le temps que cela prendra.

Mais beaucoup de gens s'activent à remettre la machine en route, à essayer de comprendre là où elle a dérapé et comment réparer au plus vite les imperfections du système.


Après tout, il n'y a jamais eu autant de personnes dans le monde partageant une même vision économique et convaincu que nous sommes dans le même bateau. Nous prenons l'eau ensemble, il faut bien écoper ensemble.


Il y a encore 70 ans ce type de crise se réglait par des conflits armés. Les économies repartaient, mais après cinq ans de tueries  et des millions de morts.

Aujourd'hui, personne ne songe à aller chercher chez le voisin ce qui lui manque. Les réserves monétaires ont remplacé la taille des armées et la course à la restauration de la croissance s'est substituée à la course aux armements.


Cela va être dur. Mais cela aurait pu être bien pire.


Un éminent penseur, oublié aujourd'hui, Gaston Bouthoul, avait analysé les carnavals du Moyen-Age comme une thérapie permettant à la société de purger toutes ses folies pendant une semaine durant laquelle le masque abolissait toutes les conventions et positions. La société pouvait, après avoir vécu pendant quelques jours cul par dessus tête, reprendre, une fois l'inévitable gueule de bois passée, son quotidien.


Peut être, sommes nous en train de nous payer un gigantesque carnaval.

En moins festif, mais, espérons-le, en aussi efficace.


2.Triste Sainte-Barbe


Exemple du blocage, hélas banalisé, dans notre pays : nous célébrons notre dixième Sainte-Barbe à Jaunay-Clan en évoquant le futur Centre de Secours qui, comme l'Arlésienne est toujours prévu pour l'année suivante.


Plus aucune nouvelle du SDIS.


Le Directeur du SDIS comme le Directeur Adjoint courageusement avaient décidé de ne pas venir nous annoncer les bonnes nouvelles. Exemple épprécié de l'exercice de responsabilités devant les troupes.


Une cinquantaine de jeunes pompiers( moyenne d'age: 31 ans) réalisent plus de 600 sorties par an dans des locaux devenus exigus, dramatiquement inadaptés et obsolètes.

Le Centre de Secours serait une entreprise qu'elle serait fermée par l'inspection du travail pour insalubrité et non respect des normes minima en matière de vestiaires ( il y a désormais des éléments féminins en nombre) et de sanitaires.


J'en suis honteux.

Les membres du corps n'accordent plus aucune crédibilité à nos propos.


Miracle: personne ne sent responsable de cette situation et vive la Sainte Barbe.


3.360 KM/H


Nous sommes les meilleurs en France, c'est bien connu. Mais pas nécessairement les plus cohérents


Ce week-end, l'AGV, train capable de rouler à 360 km/h ( ou encore de couvrir 1000 kms en moins de 3 heures) faisait ses essais de prototype grandeur nature sur la Ligne à Grande Vitesse Est.


Alstom prépare de toute évidence un nouveau produit pour répondre au marché que la SNCF lancera en 2014 pour remplacer 100 rames TGV.


Et bien, au même moment les pouvoirs publics nous assurent que la nouvelle ligne Tours-Bordeaux est conçue pour faire rouler les trains à la vitesse maxi de 320 km/h.


On se prépare donc à faire un investissement de plus de 7 milliards qui, dés sa mise en service, sera déjà obsolète car incapable d'accueillir les trains de nouvelle génération.


Ou nous sommes stupides ou on nous ment effrontément.


La première hypothèse ne doit pas être trop vite écartée. Mais je pense que la seconde est plus vraisemblable. En effet, les conséquences en terme de bruit, de vibrations et de déplacement d'air ne sont pas les mêmes à 320 ou 360 km/h.

Inutile de compliquer la vie des populations avec ce type de problèmes . Ils s'apercevront bien à temps des conséquences.


Quel mépris pour la population ! Dans le passé, l'Etat imposait ses projets au nom de l'intérêt général. Aujourd'hui, la démarche est la même mais elle recourt de plus en plus à la fausse concertation et s'abrite derrière les grands principes du développement durable et de la précaution.On a beaucoup progressé.


Puisque le bon sens semble avoir déserté nos politiques et l'administration, pourquoi ne pas faire application du principe de précaution, que le précédent Président de la République a tant voulu faire inscrire dans la Constitution et construire une LGV capable d'accueillir des trains circulant à 360 km/h au cas où...


Ce serait intelligent, cohérent et cela aurait un peu plus d'allure que les  dénégations embarrassées des pouvoirs publics.



4.Fidelio


Un peu de répit dans ce monde si contradictoire.


Première du nouveau Fidélio monté à l'Opéra Garnier.

Excellente mise en scène qui sauve la voix un peu juste de Léonore-Fidélio et donne de l'épaisseur au livret plutôt mièvre qui a su pourtant enthousiasmer Beethoven..


Soirée suivie d'un excellent dîner donné dans le foyer qui parvenait à dissimuler ses amas de stucs ruisselants d'or et ses nymphes alanguies, sous une superbe décoration florale.


5.Dîner des maires au Sénat


Succès particulièrement massif de ce rendez-vous annuel, tenu à l'occasion du congrès des maires.


Les changements intervenus dans les conseils municipaux en mars dernier avaient sans nul doute renouvelé l'intérêt, notamment de la part des nouveaux élus . Les salons de la présidence se sont révélés insuffisants pour contenir toutes celles et ceux qui avaient répondu à l'invitation des deux sénateurs.


J'ai observé également une présence nettement plus affirmée d'élus de gauche qui auparavant étaient moins nombreux à s'associer à cette manifestation.


Tant mieux. Sachons conserver les traditions républicaines quand elles sont bonnes.



                                                                   Francis Girault







Par GIRAULT Francis - Publié dans : francis.girault
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Lundi 24 novembre 2008

SEMAINE 47 (du 17 au 22 novembre 2008)

1. CODEVAL


Réunion du Comité syndical de Codeval à Dangé Saint Romain.

Réunion très positive. La volonté d'entreprendre est intacte et n'est pas, pour le moment, atteinte par les multiples inquiétudes liées à la conjoncture.

Tout le monde a bien travaillé.

L'appel d'offres pour les études est prêt.

La personne en charge du suivi du projet est recrutée.

Les orientations budgétaires ont été adoptées à l'unanimité.


So far, so good.


On investit par nécessité, bien sûr, mais aussi pour préparer un meilleur avenir.

Il faut bien évidemment tenir des contingences du présent et de l'avenir proche: fermeture annoncées des sites sur les quels nos collectivités enfouissent ou font enfouir leurs ordures ménagères. Mais, en même temps il faut, quand on est sur un projet raisonnable, continuer à avancer.


C'est le cas, avec Codeval, qui doit apporter un service de meilleure qualité à un coût qui devrait rester à un niveau supportable . En outre, celui-ci pourra être comparé aux coûts des trois opérateurs privés, présents sur le territoire de notre département et qui, faute d'un projet comme le nôtre, resteraient entre eux sur le marché.


Ce qui n'interdit pas de trouver des coopérations intelligentes du type gagnant-gagnant.

 

En outre, une façon efficace de lutter contre la crise est de continuer à investir dans des projets dont l'utilité est incontestable: on fait travailler les fournisseurs et on dégage de nouvelles marges pour l'avenir.

 

C'est une des meilleurs façons de restaurer la confiance.



2. Ecoute

 

 

Quelque chose est en train de bouger en matière de LGV.
M.Tomasini, préfet de région nouvellement nommé, a pris l'initiative de recueillir l'avis des maires des six communes- dont Jaunay-Clan- particulièrement touchées par la nouvelle ligne.
Il agit sur mission du secrétaire d'Etat aux transports, manifestement désireux de trouver une solution aux différends constants entre RFF et communes et à la mauvaise impression laissée par l'enquête publique.
Il dispose d'un peu de monnaie à cet effet, somme différente (dans le sens du moins) du montant de 40 millions d'euros annoncé par D.Bussereau mais qui ne contredirait pas pour autant ce montant. Le temps nous permettra de comprendre.
Les intentions sont louables et crédit doit être accordé à cette manifestation d'ouverture.
L'avenir proche dira si cette méthode, plus respectueuse des citoyens, permettra de construire les compromis intelligents et conformes aux propos de nos gouvernants sur le développement durable que tout un chacun est en droit d'attendre.



3.Vive les artistes

 

Surprise, samedi matin, en pénétrant dans la salle du Conseil Municipal de Jaunay-Clan.

 

Au lieu et place de la décoration sobre qui sied à un tel endroit, j'ai découvert des murs colorés par de nombreux tableaux et masques, une table centrale fort bien dressée sur laquelle se pressaient, disposés dans une harmonie très réussie, mets et garnitures de verdures, le tout accompagné en musique de fonds par un quatuor de musiciens issu de la formation Neuville-en-jazz.

 

Les nombreuses personnes qui avaient répondu à l'invitation de Mme Buisson, auteure des tableaux et des masques, habitante de Charrais, étaient ravies et ont passé un excellent moment.

 

C'est une excellente démonstration de ce qu'est capable de faire l'art : interprèter une réalité pour la transformer, pour quelques heures ou pour l'éternité, en un moment de plaisir et de communion.

 

Dans les moments un peu rudes que nous connaissons, nous avons encore plus besoin des artistes.

 

4.Assourdissant silence.

 

Que deviennent nos économistes?

 

Alors que nous nous enfonçons dans la crise économique, que la crise financière continue ses ravages ( Citygroup, le plus important établissement financier mondial vient d'être sauvé in extremis par le Trésor US), peu d' économistes s'expriment.

 

Pour analyser ce qui se passe.

Pour évoquer des scénarios.

Pour tenter de discerner quelques tendances pour l'avenir.

 

Beraucoup de discrétion.

 

L'économie est-elle une science? On peut en douter comme continuent à le faire les adversaires du prix Nobel d'économie, qui, d'invention récente, n'est en réalité que le prix décerné par la Banque de Suède et qui est aujourd'hui, subrepticement autant qu'habilement, assimilé aux autres prix Nobel.

 

L'économie ne serait-elle que l'explication a posteriori des comportements humains et la résultat plus ou moins lointain de décisions politiques? D'ailleurs, il n'y a pas si longtemps on parlait d'économie politique, signifiant en cela à quel point les deux approches sont indissolublement liées. 

 

C'est, bien sûr, plus complexe.

 

Quand tout va bien, on voit bien que les politiques ont envie de dire que ces résultats sont obtenus grâce à la mise en oeuvre de leur programme . Quand tout va vraiment très mal, il faut bien qu'ils rassurent en soutenant que seuls, ils sont capables d' actionner les bons leviers. Il est indéniable que, dans un certain nombre de cas heureux et malheureux, on retrouve la décision politique comme cause première.

 

En revanche, quand on vit au sein d'une entreprise, on constate à quel point les impulsions politiques ( c'est à dire le jeu de leviers évoqué ci-dessus) sont lointaines et assourdies et quelle part, somme toute marginale, elles prennent dans les décisions des entreprises.

 

Et pourtant, il n'y a, quoique certains en pensent, d'économie que d'entreprises.

 

L'époque seprête particulièrement bien à un approfondissement des relations entre économie et politique .

 Particulièrement en France où le défaut de culture économique est plutôt général et assez constant chez la plupart de nos gouvernants et gens de média.

Une telle analyse serait certainement très fructueuse et de nature à mieux identifier les rôles respectifs des uns et des autres en temps de crise, de prévention de crise et même de prospérité.

 

C'est quelque part ce qui se passe avec la sourde lutte apparue à l'occasion du G20 entre les chefs de gouvernement, politiques par nature et destination, et les "techniciens " des banques centrales qui estiment que l'économie est chose trop sérieuse pour être confiée aux politiques. Témoigne de cette lutte le rôle incertain confié au FMI, trop politique pour les banques centrales et trop tecnicien pour certains Etats.

 

Alors, messieurs les économistes, au travail. Vous avez un superbe sujet sur lequel exercer vos cellules grises. Et peut-être en fin de course gagner un prix Nobel?

 

Tout le monde a besoin de vos réflexions..

 

 

                                                                     Francis Girault

 

 

Par GIRAULT Francis - Publié dans : francis.girault
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