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Garder la trace des jours qui passent....

Noter ses réflexions,impressions, réactions aux faits, évènements du quotidien.

Les échanger, les partager, les discuter.

Tout cela est possible aujourd'hui, quelle que soit  l'heure, l'endroit, l'humeur....

C'est pourquoi j'ouvre ce blog aujourd'hui dans l'esprit de notre temps:spontanéité, réactivité,franchise et tolérance dans le débat.

Vous êtes cordialement invité(e) à y participer.

Francis Girault

Lundi 17 novembre 2008
SEMAINE 46 (du 10 au 15 novembre 2008)


1. Beveridge Question

Petit problème intéresssant et question confondante.

Un économiste anglais -célèbre entre autres pour avoir introduit l'équivalent de la sécurité sociale au Royaume-Uni après la seconde guerre mondiale- a mis au point la courbe suivante: elle relie le taux de chômage à la proportion d'emplois vacants. Quand le chômage est fort, on peut penser que le taux d'emplois vacants est faible et réciproquement..
Un taux d'emploi vacants  faible signifie que les entreprises recrutent peu et inversement.

En France, on ne sait pas mesurer les emplois vacants et on utilise une approche voisine en recourant au nombre d'entreprise
s industrielles qui déclarent rencontrer des difficultés d'embauche.

La courbe française ainsi obtenue présente un profil singulier comparée à celle d'autres pays et ce depuis une vingtaine d'années: plate, elle devient verticale à l'approche des 6% de chômage.

0n le vérifie par exemple en 2001, année d'embellie: au premier trimestre 56% des entreprises industrielles déclaraient des difficultés de recrutement alors que le chômage masculin tombait à 6,4%.Dés l'automne, le chômage repartait à la hausse.

A l'époque, on avait mis en cause, le SMIC, trop élevé par rapport au manque supposé de productivité de ceux qui ne trouvaient pas de travail ou encore, on accusait l'effet RTT qui rigidifiait l'emploi.

De coûteuses politiques de réduction de charges ont été mises en oeuvre. Quant à l'effet 35 heures, il a été  largement assoupli.

Que croyez-vous qu'il arriva à notre courbe? Au 2éme trimestre 2008, les difficultés de recrutement concernent 41% des entreprises alors que le taux de chômage masculin est à 6,8%. A l'automne, le chômage repart à la hausse.

C'est à dire à conditions différentes, même effet.
Donc il y a d'autres causes.

Rémunérations insuffisamment attractives pour les 6% en cause? On verra si le RSA apporte une réponse.
Compétences insuffisantes des 6%?
Etroitesse de l'offre d'emplois ciblée sur les 25-40 ans avec diplôme, expérience et profil rassurant?

Ce que je trouve le plus étonnant, c'est que depuis 1973, année où le chômage de masse a commencé à apparaître (soit 45 ans! ) on en soit encore à se poser ce type de questions et que l'on ne comprenne pas mieux le marché du travail français !


2.Université

A l'occasion d'une récente réunion, je découvre que l'Université de Poitiers, une des plus anciennes en France après la Sorbonne, perd régulièrement des étudiants.

Médecine et pharmacie demeurent stables. Les autres disciplines, hormis la gestion, sont en diminution. Seul l'IAE est en progression.

C'est grave pour Poitiers et, par ricochet, pour le département.

On doit espérer que l'autonomie apportera l'oxygène et une prise d'initiatives nouvelles, nécessaires pour inverser cette tendance.

Mais, dans le même temps, d'autres universités, on le voit dès aujourd'hui, profitant de cette même autonomie se renforcent.

La concurrence, déjà sévère, va s'accentuer.

Une stratégie d'attractivité est indispensable.


3.Première commission des Finances-Budget 09

Au niveau communal, nous avons entamé notre cycle budgétaire.

La première commission de Finances, appelée "lettre au Père Noël" ( c'est l'époque!), a pour but d'examiner les propositions d'investissement établies par les commissions.

D'ordinaire, l'addition des souhaits donne un montant peu compatible avec nos moyens de financement. Cette première réunion est donc suivie d'une seconde, appelée "commission de la hache" qui, dans une atmosphère nettement moins jubilatoire, cherche à ramener le souhaitable au possible.

Cette année, les commissions conscientes de la difficulté des temps se sont délibérément limitées à ce qu'il leur paraisse être l'essentiel.La hache se raménera à la taille d'une hachette.

Je salue le sérieux et le bon sens de mes collègues.
C'est vraiment très gratifiant de travailler avec une telle équipe.


                                                                                Francis Girault



Par GIRAULT Francis - Publié dans : francis.girault
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Samedi 15 novembre 2008
SEMAINE 45 ( du 3 au 8 novembre 2008)

Un court voyage sans ordinateur en début de semaine, deux jours très occupés à Paris, une fin de semaine bien remplie en Poitou, le tout pimenté d'une féroce rhinopharyngite m'ont prévenu de mettre en ligne ma chronique hebdomadaire. Je sollicite le pardon de mes fidèles lecteurs et des autres...sans, pour autant leur promettre que je ne recommencerais pas.


1.Il  tempo fugge

Comme le disaient déjà au XVIIème siècle les compositeurs italiens, inventeurs du recitar cantando, le temps s'enfuit...

C'est ce même sentiment d'une époque qui se termine que j'ai ressenti cette semaine lors d'une de ces soirées d'automne dont Paris a  jusqu'alors gardé le goût. Pour combien de temps encore ?

Le propriétaire d'une marque connue de champagne offrait à ses amis, à ses clients, aux entreprises du secteur du luxe et  et même à quelques uns de ses banquiers dont j'ai  cru reconnaître certains, un concert salle Gaveau réservée à l'usage exclusif de ses invités. Le concert avait pour objet de mieux faire connaître une jeune pianiste tchèque (élève brillante du Conservatoire de Paris). Il était suivi d'un excellent cocktail dînatoire généreusement arrosé dudit champagne.

La concertiste a interprété du Liszt et du Schumann, compositeurs  romantiques plutôt tourmentés dont l'un finit moine et l'autre fou. Cette musique correspondait bien à l'atmosphère de cette soirée qui véhiculait un parfum un peu lourd d'interrogation inquiète. Finis les effluves légères de la réussite assumée, les contentements de soi discrètement exprimés, la tranquille assurance que ce monde est construit pour durer.
La crise est là, bien là et dans toutes les têtes. Personne n'y échappe et chacun sent qu'elle s'installe pour un temps dont on ne perçoit pas la durée.

Cette forme de mécénat est vraisemblablement vouée à se faire plus rare pour les temps à venir, pas uniquement par restriction économique mais aussi par souci d'adopter une forme de sobriété sociale.

Le temps s'enfuit...Les générations passent. La nôtre aura été finalement très chanceuse. On va s'en rendre compte.

Cette époque qui s'achève, que l'on appellera  " les années surfeuses" ou les "années zappeuses" tant elle donne le sentiment de rebondir d'évènements en évènements, d'oublier aussi vite que l'on s'est intéressé, de s'agiter plus que de construire, de communiquer plutôt que d'échanger, j'y pensais en lisant un petit livre (bien) écrit par une cousine de ma femme.
Elle fut jeune avant et pendant la guerre. Sa grand'mère perdit son mari pendant la première guerre. Sa mère perdit son mari au début de la seconde guerre mondiale. A vingt ans, elle avait déjà connu deux veuvages, la perte de son père et des bouleversements considérables dans son existence.

Des millions d'individus de la génération qui nous a précédé ont survécu à ces drames sans les porter pour autant en bandoulière et nous faire reproche de notre légèreté.

Et nous 60 ans plus tard, que faisons nous ? nous jouons à tout va au casino boursier, au monopoly industriel et faisons sauter les banques comme de sales gosses lassés de leurs beaux jouets qui finissent par les casser par ennui.

Pas de quoi être très fier vis-à-vis de nos aînés !

2. Conseil des sages

Déjeuner semestriel avec les membres du Conseil des sages, toujours aussi curieux de nouvelles et prolifiques en observations précieuses parce que marquées au coin du bon sens et formulées avec le souci de l'intérêt général.

La participation à un conseil municipal  marque profondément ceux et celles qui y consacrent de leur temps et de leurs efforts.

Après ce type d'expérience, on ne voit plus la société dans laquelle on vit, du même oeil . C'est une excellente école de citoyenneté. 

Le gouvernement ferait bien de s'en souvenir s'il entreprend de réformer les collectivités territoriales.

Supprimer, pour motif de rationalisation l'échelon local augmentera le nombre d'administrés et éloignera encore plus les "décideurs" des réalités.


3.L'évènement de la semaine, de l'année voire du siècle!


L'élection de Barack Obama. Impossible de ne pas en dire un mot, même si au moins quelqu'un n'a encore jamais entendu parler de lui.

Eh oui, il existe: c'est le correcteur d'orthographe de mon ordinateur qui, à peine avais-je taper ce nom, l'a immédiatement souligné du rouge fustigeur indiquant que, dans son univers des mots et noms connus, il n'existe pas !

Vanitas vanitatis.

Cela ne va pas durer longtemps, que l'intéressé se rassure.

Trois points m'ont particulièrement marqué dans cette élection:

-cette étonnante capacité des Etats-Unis à se tourner, pour l'action, vers l'avenir.

Dés qu'une étape est franchie, tout le monde, les vainqueurs comme  les adversaires encore d'hier ne s'intéressent plus qu'à ce que l'on va faire demain.

-l'élection vise à chercher le meilleur "leader" et non le meilleur politicien.

Cette notion de leadership est mal connue en France.

Elle se fonde sur l'idée que gérer un pays est chose complexe, d'autant plus quand il s'agit de la première puissance mondiale, investie de responsabilités énormes au regard du règlement des crises mondiales de toutes sortes.

Un homme, quelles que soient ses qualités individuelles, ne peut prétendre tout savoir et tout faire.

La première qualité d'un leader est de parvenir à composer une équipe de qualité pour s' entourer des meilleurs conseils et  déléguer les décisions non stratégiques.

La seconde qualité est de savoir inspirer cette équipe et faire qu'elle tourne à plein régime parce qu'elle a compris où son patron veut l'emmener.

La troisième qualité est de savoir prendre les décisions vite et bien. La réactivité, l'adéquation de la solution au problème génèrent la confiance et créent l'adhésion des opinions.

Le reste-communication, relations avec les assemblées d'élus, mise en oeuvre financière-relève davantage de la technique (qu'il faut également maîtriser).

Mais, sans la qualité de leadership, ces techniques sont impuissantes à entraîner les opinions.

-Obama est le premier président américain qui peut le mieux comprendre le monde.

Fils d'un père kenyan, élevé en partie en Indonésie et à HawaÏ (qui n'est pas tout à fait le Middle-West ni le Deep South, il est porteur d'une expérience très singulière pour un américain, d'un monde non-américain.

En effet, en matière de culture extérieure, on rencontre habituellement trois types d'américains:

-celui qui ignore tout du reste du monde parce que fondamentalement il ne l'intéresse pas. C'est le plus grand nombre.

-celui, issu des milieux d'origine anglo-saxonne de la côte Est qui traditionnellement viennent se frotter en complément de leur formation, à d'autres cultures, notamment européennes. En diminution à la fois en nombre et en influence même si le brassage des nationalités dans les universités US, encouragé par de nombreuses initiatives, y supplée partiellement.

-celui qui, pour les affaires, a séjourné ou voyage beaucoup à l'extérieur des Etats-Unis. Il trouve généralement que nous sommes des gens compliqués qui créent des problèmes là où il n'y en a pas et qui ne cherchent pas nécessairement à les résoudre. Ils n'ont pas une très haute opinion de nous (même pour ceux, italiens, irlandais, allemands, polonais qui ont gardé la mémoire de leur origine et qui sur le fond, persistent à penser que ceux qui n'ont pas émigré il y a maintenant plus d'un siècle, n'étaient pas les meilleurs !).

Barack Obama n'appartient à aucune de ces catégories. Profondément américain dans le sens où il reconnaît qu'il n'y a que dans ce pays, qu'un parcours comme le sien était possible, il n'est pas pour autant enfermé dans une bulle qui lui fait regarder le reste du monde comme une source de problèmes extérieurs qu'il faut bien résoudre, faute d'autres nations capables de le faire.

On verra: il conjugue la capacité à "fabriquer" de l'avenir, les qualités de leadership et l'approche "intérieure" profondément mondialiste.

Pas mal pour commencer.

Good luck pour lui et pour nous.


                                                                                             Francis Girault

 



Par GIRAULT Francis - Publié dans : francis.girault
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