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Garder la trace des jours qui passent....

Noter ses réflexions,impressions, réactions aux faits, évènements du quotidien.

Les échanger, les partager, les discuter.

Tout cela est possible aujourd'hui, quelle que soit  l'heure, l'endroit, l'humeur....

C'est pourquoi j'ouvre ce blog aujourd'hui dans l'esprit de notre temps:spontanéité, réactivité,franchise et tolérance dans le débat.

Vous êtes cordialement invité(e) à y participer.

Francis Girault

Lundi 28 avril 2008

SEMAINE 17 ( du 21 au 28 avril 2008)


 

1.Le monde bouge


Notre pays, qui a du mal à trouver sa place dans le monde, s’attache insuffisamment à observer les mouvements qui continuent en permanence à faire bouger les pays autour de nous. 

Trop auto-centrés sur nos problèmes intérieurs, nous sommes relativement peu présents dans la dynamique mondiale. 

Sauf pour revendiquer une première place, quelquefois bruyamment, et souvent en donneur de leçons . Confère l’épisode chinois qui nous a valu d’être le seul pays à qui la Chine ait reproché son attitude dans l’épisode tibétain, ce qui nous amène aujourd'hui à multiplier les missions à la limite de la dignité pour conserver nos marchés.

Dans la dernière décennie, 4 pays majeurs ont émergé fortement en terme de croissance et de réserves financières : le Brésil, la Chine, l’Inde et la Russie.

Aujourd’hui c’est d’eux que nous attendons le maintien de la croissance pour 2008.

A côté des pays du Golfe, gorgés de pétrodollars en raison du prix du pétrole (on notera incidemment que la Russie et le Brésil sont également des producteurs importants d’hydrocarbures), des tigres du sud-est asiatique (Singapour, Taiwan notamment) , c’est également d’eux que nous attendons les ressources financières pour soutenir le système financier occidental défaillant. 

Le Sud (dans l’image du développement mondial des années 1970, qui curieusement assimilait pays développés avec le Nord et pays « sous-développés » comme on disait avec le Sud), le « Sud » donc est en train de prendre le pas sur le « Nord » : en termes de population depuis longtemps mais désormais également en termes de croissance, de PIB et de ressources financières.

Or,c’est une constante de l’histoire que celui qui détient le pouvoir économique finit par détenir le pouvoir politique . Qu’il le veuille (souvent) ou non (cette sagesse est historiquement rare). 

Les Etats-Unis ont joué un rôle majeur depuis 1917 dans le monde parce que, en raison des dettes contractées à son égard par les pays en guerre en Europe, une partie substantielle des réserves d’or françaises et anglaises se sont retrouvées dans les caves de Fort Knox, conférant au dollar une solidité internationale qui en a fait la première devise de réserve. 

Mais aujourd’hui, le dollar n’est pas tant soutenu par la création de richesse américaine que par les achats massifs de Bons du Trésor US par les pays du " Sud" qui accumulent les réserves. Stratégie habile et intelligente consistant à faire soutenir sa monnaie par les autres. Mais qui a ses limites. 

En effet, la croissance de pays émergents importants en population n’est pas terminée : on cite dans les prochains membres du club, le Mexique, l’Indonésie, l’Argentine, la Turquie, l’Afrique du sud, les Philippines, l’Ukraine et quelques autres ( l’Iran, l’Egypte, la Malaisie, le Nigeria, le Vietnam, la Thaïlande). Ces pays représentent 1 milliard d’habitants. 

Ceci veut dire qu'en 2025, prés de 4 milliards de personnes vivant dans ce que l’on appelait le « Sud » auront atteint ou seront en voie de rattraper notre niveau de vie occidental.

Dans 15 ans, le monde né de 1945 ne sera plus le même du tout: le pôle occidental d’aujourd’hui se verra challenger et donc obliger de partager sur de nombreux points. 

Ne faut-il pas maintenant commencer à s’y préparer et ne plus poser comme postulat que les valeurs occidentales, fort respectables au demeurant, ont vocation à s’imposer de façon universelle.

Que dirions-nous si les chinois avaient la même prétention aujourd’hui à notre endroit ?

Quelle place pour l’Europe dans ce monde sudiste ? et pour la France ?
Autant de questions pour lesquelles nous souhaiterions connaître davantage les vues concrètes de nos politiques

 

2.Ariane Mouchkine

Heureuse surprise d’une soirée passée à écouter parler Ariane Mouchkine à l’occasion de sa venue au centre culturel de l’endroit où je passe mes vacances.

Femme de théâtre jusqu’au plus profond de son être, elle nous a entretenu, film à l’appui, accompagnée de quelques uns des comédiens qui avaient participé à l’aventure, d’une expérience extraordinaire : monter un stage de théâtre avec la troupe du Théâtre du Soleil- installé à la Cartoucherie de Vincennes-, à l’attention d’une trentaine de jeunes afghans, à Kaboul.

Ces jeunes gens, inscrits dans la section « Théâtre » de l’Université de Kaboul, disposaient en tout et pour tout de quatre livres et n’avaient pas le droit de jouer.

De toute façon, le seul théâtre, construit par les Russes, a été détruit et redétruit par les occupants successifs pour des raisons différentes mais avec le même résultat : ce n’est plus qu’une ruine.

Ariane Mouchkine et sa troupe se sont efforcés d’apporter à ces jeunes afghans, dans un mélange franco-anglo-afghan étonnant, une formation théâtrale ramenée à l’essentiel par la nature de l’exercice. Mais visiblement réussie. 

D’ailleurs la troupe afghane est venue en France depuis et effectue actuellement un séjour à la Cartoucherie où elle interprète un Tartuffe ! 

Confession étonnante d’Ariane Mouchkine dont les idées ne sont pas particulièrement pro-américaines : on peut développer la culture à Kaboul grâce à la présence des militaires. Que les soldats partent et la culture disparaîtra avec eux. 

Tant il est vrai que les guerres du XXIème siècle n’ont de sens que si elles apportent les ferments permettant de reconstruire une société.



3. Note de lecture : Napoléon III  (P.Miquel)

 

Retour dans le XIXème siècle qui, à de nombreux égards, pour ceux de ma génération ne parait pas si lointain. 

C’est pourquoi la brutalité des mœurs politiques de l’époque choquent et paraissent aujourd’hui inconcevables : déportations de députés opposants, exécutions sans jugement de manifestants, censure de la presse, trucages des élections, juges soumis au pouvoir…

C’est à cette aune que l’on mesure les progrès réalisés par notre démocratie !

Et en même temps, la nature humaine ne progressant pas à la même vitesse, la vigilance doit demeurée en permanence alerte tant il serait facile de retomber dans de telles mœurs. 

Et pourtant de grandes choses furent réalisées durant cette même époque.

Ce qui tend à démontrer que l’important est d’avancer sans attendre que le système soit parfait ni de savoir nécessairement vers quoi il tend.

 

Puisque cette époque fut imprégnée de l’esprit Saint-Simonien, une observation (légèrement adaptée) de Saint Simon lui même qui donne à méditer : « Certes les politiques sont fort utiles. S’ils mouraient tous en une nuit, l’humanité s’en consolerait. Elle ne pourrait en revanche survivre à la disparition des hommes de santé, des ingénieurs et des producteurs ».

 

Cela rend modeste : mais la remarque vaut tant pour les intéressés que pour ceux qui leur demandent plus qu’ils ne peuvent faire.

 

                                                        

                                                                 Francis Girault

                      

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Lundi 21 avril 2008

 

 

SEMAINE 16 ( du 14 au 20 avril 2007)



1.   Vers la sortie de crise ?


Les signes de reprise apparaissent de plus en plus nombreux.

 

Le G7 demande aux banques de faire un récurage «  à l’os » de leurs comptes . Celles-ci rechignent au motif qu‘elles ne savent pas chiffrer les subprimes qu’elles détiennent et qui, faute d’acheteurs, n’ont pas de marché donc pas de valeur .

Selon quelques experts, la moitié des provisions nécessaires auraient aujourd’hui été passées.

 

Les régulateurs mondiaux des banques s’apprêtent à demander à celles-ci de remonter leurs fonds propres face aux crédits qu’elles accordent. Non pas en diminuant ceux-ci,, ce qui aurait pour effet d’obérer le redémarrage de la croissance. Mais en procédant à des injections de capitaux neufs . Ce que certaines parmi les plus avisées ont commencé à faire en introduisant les fonds souverains dans leur tour de table.

 

Les  bourses se réorientent lentement à la hausse, les opérateurs constatant que les grandes valeurs industrielles continuent à générer des résultats tout à fait honorables et peu sensibles à la crise financière.

 

La confiance semble réapparaître peu à peu.

 

La théorie des cycles de 7 ans une fois de plus se confirme : 1973, première crise du pétrole, 1980, deuxième crise pétrolière, 1987, krach boursier, 1993, dépression après la première guerre du golfe, 2001, explosion de la bulle internet, 2007 subprimes…

 

Sept ans, le temps pour recréer, le temps pour oublier, le temps pour exagérer, le temps pour rechuter. Le capitalisme n’a guère de mémoire. Heureusement, c’est ce qui lui permet de repartir une fois la crise passée et d’imaginer à chaque fois un nouvel avenir.

 

On peut essayer de tempérer les excès de celui-ci. Notamment en limitant les victimes aux seuls spéculateurs et en prévenant que la crise touche d’abord les plus fragiles. Nos systèmes sociaux, pour imparfaits qu’ils soient, ont fait des progrès depuis 1929 .La crise actuelle, en Europe, n’aura pas entraîné de dégâts autres que financiers. Les problèmes que nous rencontrons en France ne sont pas à mettre au compte de la crise, mais plutôt à notre incapacité de voir un certain nombre de réalités en face.

 

Le difficile équilibre entre la nécessaire innovation entrepreneuriale de quelques uns (c’est à dire la prise de  hauts risques rémunérés par des profits à la mesure des risques encourus) et la transmission limitée, lors des éclatements de bulle, à l’économie à risque plus tempéré qui fait vivre le plus grand nombre, reste l’art difficile des banques centrales.

C’est pourquoi les politiques ne doivent pas s’en mêler et se limiter à faire du budgétaire raisonnable, budgétaire dont le rôle est de venir en atténuation des oscillations du système.

 

Plusieurs leçons à tirer de cette nouvelle crise :

-l’adaptation doit être continue et les mesures à prendre doivent être mises en œuvre rapidement et sans tergiversation.

-il est dangereux d’être au taquet et de ne pas avoir su se ménager à temps quelques marges de manœuvre.

-l’anticipation ( qui n’est pas la prévision et encore moins la divination) demeure la meilleure défense contre les crises.

 

2. Et on reparle de la LGV


Brusque regain d’intérêt pour la LGV de la part de FR3, samedi dernier. 

Intrigué par un communiqué de la préfecture ( relatif à une procédure administrative que seuls les initiés peuvent pleinement apprécier), FR3 choisit de venir aux nouvelles à Jaunay-Clan et du coup décide de faire un sujet pour le JT de 19h sur les dégâts causés par la LGV à notre commune.

D’un entretien rapidement monté mais exhaustif, le journaliste et son cameraman ont su tirer l’essentiel : la LGV entraîne, dans sa forme actuelle, la régression durable de notre commune et ce, en contradiction complète avec la logomachie politique actuelle.

Une pierre de plus pour construire la tranchée couverte.

Merci FR3. 


3.Je souffle.

N’ayant pas pris de vacances depuis l’été dernier, je m’accorde quelques jours de congé pour me vider l’esprit, prendre un peu de recul et ralentir le rythme (lundi: une séance de jugement, mardi: un projet de décret, mercredi: une séance d'instruction. Ouf !) Je sature en ce moment.

Espérons que le soleil soit au rendez-vous.Pour le moment, c‘est la pluie.      

                                                   Francis Girault








 

Une pierre de plus pour construire la tranchée couverte.

 

Merci FR3. 

 

3.Je souffle.

 

N’ayant pas pris de vacances depuis l’été dernier, je m’accorde quelques jours de congé pour me vider l’esprit, prendre un peu de recul et ralentir le rythme. Je sature en ce moment.

 

Espérons que le soleil soit au rendez-vous.Pour le moment, ‘est la pluie.

 

                                        

                                                   Francis Girault

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