SEMAINE 46 ( du 12 au 18 novembre 2007)
1.Les principes et les amis
Réunion du Conseil Général pour délibérer des orientations 2008
En ces dernières séances avant renouvellement de la moitié des membres de l'Assemblée départementale, il est toujours intéressant et distrayant de voir les prises de paroles, l'ordre dans lequel elles interviennent, leur degré de préparation et quand même... leur contenu. Avec un peu d'imagination, on voit s'organiser un défilé où chacun se pousse et mousse...surtout quand la presse est présente !
C'est humain !
Un journaliste écrivait récemment que je n'ai pas assez d'amis. Il est vrai que j'ai tendance à privilégier mes convictions et à les exprimer sans grande concession de forme. Cela ne suscite pas nécessairement l'amitié qui, comme chacun sait, demeure une notion éminemment relative en politique !
Mais il n'est guère facile au sein d'une assemblée d'éviter la résistance stérile sans pour autant tomber dans le consensus mou, voire complaisant.
Il est à peine utile de préciser que dans ces conditions mon appel à préserver le pouvoir d'achat de nos concitoyens en limitant au maximum l'augmentation de la fiscalité du département n'a rencontré aucun écho (il est prévu d'augmenter encore cette année de 2,7% +1,8% soit +4,6% pour 2008 après 6,8% pour 2007.
Je suis toujours surpris de voir avec quelle facilité on se résout dans certaines assemblées territoriales à augmenter les impôts. Comme si cela allait de soi que tous les ans on peut prélever impunément et sans raisons véritablement fondées une part grandissante du revenu du contribuable. La recherche permanente de la productivité de l'action publique ne ressortit pas à une incongruité et cette exigence, en adaptant, bien sûr, les méthodes, doit être la même entre la sphère publique et privée.
Je demandais des économies sur un budget de 358 millions d'euros :1 million de réductions de coût, soit 0,0033 du budget permettrait de ne pas toucher les taux.
Fine réponse qui m'a été apportée en séance publique: le canton de St Georges les Baillargeaux profite largement du Conseil Général !
En substance, sers toi et tais toi .
On a du mal à retrouver le sol après que le débat ait atteint de tels sommets quasi-himalayens !
Autre constat: le Grenelle de l'environnement a déclenché tant à droite qu'à gauche, un intérêt pour la chose environnementale jusqu'alors moins fortement exprimé dans notre enceinte départementale . Soulignons néanmoins que l'unanimité en a été d'autant plus grande que le propos restait général et les perspectives d'action encore peu précises.
J'ai tenté d'apporter ma contribution à cette opportune communion en suggérant que du discours on passe aux travaux pratiques En effet, on sait qu'un projet de LGV se propose d'abîmer durablement une partie de notre département, si de réelles mesures de protection ne sont pas mises en oeuvre pour en atténuer les effets sur notre environnement.
Belle occasion au moment où se déroule l'enquête d'utilité publique de mettre les actes en harmonie avec les propos.
En effet, le Conseil Général a un rôle décisif à jouer pour obtenir de l'Etat que l'on puisse sérieusement faire du développement durable sur ce projet et protéger efficacement les populations dont nous sommes responsables et plus encore l'environnement que nous allons laisser à nos enfants.
J'espère que l'assemblée départementale fera sienne l'idée selon laquelle notre devoir d'élu consiste à conjuguer aussi intelligemment que possible la défense du territoire hérité de nos ancêtres et le nécessaire progrès.
Les maires concernés attendent un engagement clair et sans faille du Conseil général et des élus nationaux sur un projet qui modifie pour plusieurs siècles et dans certains cas, profondément, les sites et l'avenir de nos communes et de notre département.
2.Grâces soient rendues...
Participation au Conseil d'administration Du Service Départemental d'incendie.
J'ai remercié mes collègues de retenir l'inscription dans le budget 2008 de 1 million d'euros pour le nouveau Centre de secours de Jaunay-Clan.
Après la signature du permis de construire par le préfet Niquet et l'inscription de crédit, la voie se dégage.
J'attends la confirmation officielle lors de notre prochaine Sainte-Barbe.
Il n'aura fallu que 5 ans d'efforts. en comparaison avec la gendarmerie (12 ans), nous sommes en progrès.
3....en attendant la prochaine bataille.
Lors de ma visite annuelle du Collège Saint Exupéry à Jaunay-Clan, j'ai constaté la poursuite de l'usure du bâtiment initial, aujourd'hui vieux de plus de trente ans.
Les besoins de travaux de remise en état se multiplient, l'ensemble cuisine-restauration demande une mise aux normes, bref une décision radicale s'impose: la reconstruction .
Celle-ci était prévu dans le plan départemental pour l'année 2009. Des rumeurs inquiétantes me parviennent selon lesquelles "on" envisagerait 2012 voire plus tard encore.
Un nouveau dossier s'ouvre.
4. Mais ...existent des oasis de paix.
L'Assemblée Générale du Groupement de Défense Apicole se tient traditionnellement à Jaunay-Clan en raison de nos liens anciens avec le miel et l'apiculture.
C'est toujours un plaisir de venir saluer, bavarder et déguster un verre d'hydromel avec les apiculteurs, gens calmes et habités du désir de voir leurs petites amies, les abeilles, les plus heureuses possibles.
Cela réconforte de voir qu'il existe des gens qui ne revendiquent pas, qui ne se plaignent pas et qui tentent sincèrement de sauver une partie de la nature sans le crier à cor et à cri et sans rechercher la publicité des médias.
Les mondes authentiques sont toujours (encore?) présents.
5.Service (???) public (???).
0n est confondu par le cynisme, l'hypocrisie et l'irresponsabilité de quelques groupes qui se réclament du service public alors que chacun sait qu'ils ne font que défendre des intérêts étroitement corporatistes.
Circulant d'ordinaire à pied, j'ai la chance d'être un des moins touchés. Toutefois devant me rabattre par nécessité absolue sur la voiture, par défaut de métro ou de train, j'ai pu mesurer le désarroi et les problèmes incommensurables que cette interruption de service(???) public (???) peut causer aux usagers.
Pour aller en voiture du Palais Royal à la rue de l'Université, en face mais de l'autre côté de la Seine, il m'a fallu 45 minutes, là ou à pied je mets un quart d'heures. Dans de tels moments, on pense à ceux qui habitent l'Ile de France et sont coincés à 19h dans les embouteillages du centre et on mesure leur humeur!
Il me paraît néanmoins que, par l'abus de droit de grève auquel il se livre aujourd'hui, le système syndicalo-marxo-trotsko-anarchiste est en train de se déconsidérer et de vivre ses derniers jours.
On ne peut continuer à pénaliser impunément les usagers des services publics comme certains membres des entreprises publiques le font régulièrement. Ces mêmes gens qui prétendent se préoccuper du peuple et des plus défavorisés, qui se posent en rempart de la démocratie, sont ceux, qui comme dans un minable hold up, prennent en otages les plus désarmés pour, à l'abri de ce bouclier, manoeuvrer à leur seul avantage.
Que voit-on aujourd'hui? une CGT déboussolée, tiraillée entre une base qu'elle ne contrôle plus et une guerre des chefs, une CFDT qui, dans la ligne Notat-Chérèque, essaye de se conduire en syndicat responsable et des groupuscules très politisés qui ne représentent qu'une petite partie des personnels et qui se sert de tout prétexte pour créer du désordre et mettre à bas notre société qu'elle exècre. On sait où ces aventures ont conduit certains pays dans le monde et les désastres humains qu'elles ont provoqués.
Une société mûre et civilisée ne peut accepter que la liberté de ses membres soit ainsi confisquée par quelques uns pour satisfaire des avantages catégoriels ou poursuivre par des voies anti-démocratiques des visées politiques.
Il faut revenir au bon sens.
Service, oui car il est indispensable.
Public, oui, car il ne peut fonctionner sans l'aide de l'argent du contribuable.
Il est temps de rappeler que le service public, c'est servir les autres et non se servir soi-même.
Si on ne veut pas reconnaître ce simple principe, il faut changer de mètier et aller exercer ses talents ailleurs.
Tout ce qui précède vaut tout aussi bien pour une minorité activiste dans l'Université qui s'agite pour empêcher, "horresco referens", l'argent sale du privé venir s'investir dans les labos et chaires d'enseignement de la pure Alma mater. Laquelle est aujourd'hui si souvent tagguée, souillée et rabaissée par ceux-là mêmes qui prétendent la défendre et ne veulent, dans le fond, que le désordre.
Pitoyable !
Ce n'est pas le meilleur visage de nous-même que nous nous offrons et que nous présentons au monde aujourd'hui.
Francis Girault