Lundi 31 mars 2008
SEMAINE 13 ( du 25 au 30 mars 2008)



1.Back to normal

Retour au quotidien et à ses contingences, avec la préparation du vote du budget communal.

Je l'avais annoncé les budgets 2008 sont difficiles à établir: hausse des coûts de personnel, de l'énergie, de l'alimentation et des taux d'intérêts. tous les paramètres de dépenses sont à la hausse et  ceci dans un contexte de ralentissement économique mondial donc français.

Côté recettes : une satisfaction communale. Notre croissance nous apporte (heureusement) des recettes supplémentaires : +6% pour la taxe professionnelle.
Malheureusement, joue contre nous une disposition applicable depuis 2007 selon laquelle, pour résumer, quand une collectivité territoriale augmente son taux d'imposition de 3%, l'Etat opère à son propre profit un prélèvement de 1% !

Je ne comprends pas comment les députés et sénateurs ont accepté de voter une pareille disposition. Il s'agirait, nous dit on, de peser sur les augmentations de dépenses des collectivités.

Il est peu supportable d'entendre Madame Lagarde et M. Woerth la semaine dernière nous expliquer benoîtement que l'accroissement du déficit public est essentiellement imputable aux collectivités locales qui seraient incapables de maîtriser leurs dépenses.

Je veux bien accepter l'idée que nous ne sommes pas de parfaits gestionnaires. Mais l'Etat, qui se félicite de la stabilisation de ses dépenses, devrait en réalité les diminuer puisqu'il opère des transferts de charges dans le cadre de la décentralisation.
Les augmentations de dépenses des collectivités qui leur sont reprochées proviennent pour une bonne part des charges que leur transfère l'Etat ou des effets de nouvelles mesures qu'il institue : ainsi, la semaine de quatre jours d'école va entraîner pour les communes de nouvelles charges.

S'ajoute une dynamique de la demande en provenance de la population : les communes sont amenées, à la demande des administrés, d'assurer de plus en plus de services au quotidien : garderies, centres de loisirs, déplacements...
Ces services reposent pratiquement à 100% sur du personnel. La prise en compte des coûts est immédiate dans un budget. L'usager n'accepte de payer qu'une fraction du coût réel.
Résultat c'est au contribuable que l'on demande de faire la soudure budgétaire.

Nous voyons bien que le "toujours plus" adressé depuis trente ans au secteur public trouve aujourd'hui sa limite. 

Celui-ci n'a plus les moyens de ses politiques d'assistance. Aujourd'hui il faut gérer au mieux l'existant et arrêter de rajouter de nouvelles dépenses de fonctionnement.
Seule une croissance vigoureuse permettra de repartir (et répartir) de nouveau.

Application pour le budget communal: nous allons intensifier notre programme d'action économique et accélérer autant que possible la nouvelle ZAC pour créer de la ressource supplémentaire.
Compression pour 2008 des dépenses de fonctionnement.
Mise au minimum du programme d'investissement.

Il faut passer le cap d'une année difficile comme nous en rencontrons tous les 10 ans ( la dernière remonte à 96/97 et à un moindre degré en 2002).

Ce n'est qu'en faisant des efforts sérieux cette année que nous retrouverons pour les années suivantes des marges de manoeuvres et serons capables dans des conditions raisonnables de réaliser notre programme.

Nous ne choisissons pas la voie facile.
Mais c'est la seule raisonnable.

2.L'Energie

Déjeuner avec un de mes amis, ancien patron de la recherche d'un grand groupe et membre éminent de l'Académie des Technologies.

La donne de l'énergie est en train de changer à grande vitesse en raison du prix du baril.
Le nucléaire est revenu en force : plus beaucoup d'opposants ne contestent son intérêt. Faible coût, disponibilité quasiment illimitée, sûreté, absence d'émanations de gaz à effet de serre...

L'énergie bio commence à faire se lever de nombreux doutes: coût élevé, bilan écologique contesté, effet sur l'approvisionnement alimentaire d'un monde peuplé aujourd'hui de 6 milliards d'habitants, demain de 9 milliards.

L'énergie éolienne est condamnée par de nombreux spécialistes hormis quelques cas d'emplois sur des sites industriels. Le coût pour la collectivité est monstrueux et le succès actuel est du à un suivisme de réalisations à l'étranger, ruineux chez nous en raison du prix de reprise imposé par les pouvoirs publics à EDF.

Et cerise sur le gâteau, le vieux pétrole, honni, condamné... qui revient. Car dans ce  domaine aussi, le prix élevé du baril permet de réaliser des progrès scientifiques importants . Si le deep offshore (2000 m d'eau) fut le triomphe technologique des années 2000, le very deep subshore pourrait être la novation des années 2010 avec la mise en évidence de nouvelles et importantes réserves.

Nous ne sommes pas au bout des surprises .

3.Le futur au Futuroscope

Participation à l'inauguration du nouveau pavillon des "Animaux du Futur" au Futuroscope.

Journée bien organisée et fort bien réussie, aidée par un beau soleil printanier.

Parmi les invités notamment départementaux régnait une harmonie de bon aloi, toutes options confondues .

Comment interpréter ce moment de grâce qui intervenait après des affrontements récents qui furent quand même un peu rudes ? Temps de respiration que s'accordent les champions entre deux épreuves ? Espoir placé dans une ère nouvelle qui s'ouvre devant les différents protagonistes ? Volonté affichée de montrer que ce qui rapproche est, somme toute, plus fort que ce qui divise ?

L'avenir le dira.

A moins que ce ne soit simplement une manifestation de l'effet "réalité augmentée" qui, ce jour là et à cet endroit,  s'est appliqué au bon sens  et à l'esprit de tolérance des élus présents !


4. La société de consommation de loisirs

Visite de Center Parks en Sologne, ce dimanche, à l'invitation d'un élu ami qui y résidait quelques jours et qui souhaitait me montrer ce type d'équipement pour notre projet sur le lac de Saint Cyr..

Le temps pluvieux ne m'a pas permis de voir sous son meilleur jour, le Parc.

Respect de la nature, vastes espaces, bon entretien général, dispositions astucieuses des habitations, intérieur du logement bien conçu, parti pris de lumière et d'ouverture sur la nature. Tous les véhicules sont garés à l'extèrieur.

La bulle est un spectacle surprenant à la fois par son gigantisme et le nombre d'animations qu'elle abrite. Et encore je n'ai pu qu'entrevoir la partie aquatique.

Le plus frappant : le parc contient de l'ordre de 800 logements sur environ 50 ha. Le taux de remplissage tout au long de l'année est proche de 100%. Je peux témoigner qu'en cette fin de journée d'un dimanche maussade alors que nombre de résidents manifestement étaient sur le départ, la bulle était encore pleine.
Cela veut dire de l'ordre de 5000 personnes en permanence provenant aussi bien de France que des pays plutôt nordiques.

C'est vraiment l'illustration de la société de loisirs, dans ce cas organisée autour de l'attraction des plaisirs aquatiques, praticables quelque soit la saison, de la nature et de la famille.

Impressionnant. Tout ceci conforte l'idée du projet de Saint Cyr. A nous de trouver les financements. La partie sera rude par les temps qui courent !

                                                                     Francis Girault
par GIRAULT Francis publié dans : francis.girault
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Mardi 25 mars 2008
SEMAINE 12 ( du 17 au 21 mars 2008)

La semaine fut agitée.
Les portables ont chauffé. Contacts et réunions se sont multipliés. Les combinaisons les plus inattendues comme les plus absurdes se sont échafaudées . Certaines ont fonctionné, d'autres, pas.
Bref, le microcosme a été en effervescence.

Sang froid, réflexion et mesure n'ont pas été au rendez-vous.
Je persiste à le regretter aujourd'hui.

Dans les lignes qui suivent, je vais tenter, au-delà de l'anecdote - et pourtant il y en a eu de nombreuses et de savoureuses qui seront peut -être dévoilées un jour pour l'édification des citoyens- de décrire les ressorts de cette semaine qui ont conduit à la désignation d'un nouveau président du Conseil Général de la Vienne.


1. Un aboutissement


Depuis de longs mois, voire plusieurs années, nous étions plusieurs -et pas uniquement les trois improprement qualifiés de "dissidents" - à souligner et dénoncer les insuffisances du président sortant sur le terrain que, par décence, nous bornerons à la seule gouvernance de l'assemblée départementale.
En d'autres termes à plusieurs reprises dans des entretiens bilatéraux ou dans des réunions de majorité voire lors des assemblées publiques, nous avons fait valoir des questionnements, des étonnements et des griefs relatifs à telle ou telle initiative prise sans consultation, à un manque systématique de transparence dans la conduite des affaires départementales, à des méthodes rétorsives anormales dans une assemblée d'élus et à une absence répétée de lisibilité dans le leadership tant du Conseil Général que de la majorité départementale. 

Personnellement dans ce blog, j'ai écrit que je n'apporterai pas ma voix au président sortant. J'ai fait valoir cette même position longtemps à l'avance tant auprès de mes collégues que des personnes qui suivent avec attention la politique locale.
Je l'ai dit pendant ma campagne aussi bien aux maires qui m'ont apporté leur soutien qu'à mes concitoyens lors de mes réunions publiques.
Dans les innombrables consultations, discussions, réunions qui ont précédé l'élection du président, j'ai répété avec constance cette position.

D'autres que moi, tels que Bernard Doury et Denis Brunet ont, eux aussi, annoncé clairement leurs intentions auprès de tous ceux, nombreux, appartenant ou non au Conseil Général, qui les ont rencontrés et consultés.

Un certain nombre de nos collègues ont exprimé - dans des termes quelquefois autrement plus brutaux que ceux que nous avons pu utiliser- leurs reproches et leurs critiques...avant de négocier la contrepartie de leur ralliement ou de se satisfaire de promesses d'abandons des pouvoirs à leur profit.

Notre position était donc parfaitement connue de tous les acteurs directs ou extérieurs, et ce depuis longtemps.
J'ajoute qu'il n'était pas difficile de prévoir que la majorité- si majorité il y avait- serait mince et requérrait impérativement la mobilisation de ses membres autour d'un président d'union.

Tout ceci était donc parfaitement prévisible.

Précisons enfin qu'aucun de nous trois n'avons commencé par poser une quelconque candidature pour ne pas affaiblir notre position en donnant le sentiment que notre attitude à l'égard du président sortant, dissimulait un stratagème pour prendre sa place.

A titre personnel, j'ai assuré mes collègues que je ne revendiquais aucune place, étais disposé à contribuer à la construction d'un exécutif solide et responsable et qu'ils pourraient me mettre au rang qu'ils souhaiteraient, fut il le dernier. 

Mes deux autres collègues en ont fait de même dans les réunions qui ont précédé le 20 mars.

Cette attitude- pour aussi transparente et déterminée qu'elle ait été- n'a pas été crue ou comprise et n'a fait l'objet d'aucune ouverture de discussion.

Dans une dernière tentative, le jeudi avant la séance publique, nous avons de nouveau proposé une solution  de conciliation, permettant de présenter une majorité unie et de désigner,  dès le premier tour, un candidat.

Cette ultime proposition a été repoussée sans autre examen.

L'entêtement et l'aveuglement ont conduit à la pire des solutions: le départ dans des conditions peu honorables du président sortant, la majorité éclatée, un exécutif peu assuré, une minorité de contrôle, un groupe d' "historiques" qui doutent .

Ce n'est pas ce que nous voulions. Nous avons décrit à l'avance ce scénario et avons fait ce qui dépendait de nous, pour l'éviter.

Si tant est que dans ces circonstances où la lutte pour le pouvoir obscurcit les esprits, raison et lucidité sont impuissantes à convaincre.

2. Le pourquoi

Pourquoi en sommes nous arrivés à ce résultat ?

Il y a -au moins- deux causes profondes qui peuvent être avancées.

La première réside dans une divergence de vue fondamentale sur le rôle du département et par conséquence, sur l'organisation de l'exécutif départemental.

Mes amis et moi-même -mais le cercle est heureusement plus large- pensons que le département est un instrument de progrès collectif qui par une politique économique, sociale et d'équipements peut apporter du mieux-être à nos concitoyens.

Ces politiques seront d'autant plus efficaces qu'elles traduiront une vision de ce que doit devenir notre département à l'horizon 2030 et le prépareront à ces échéances.
C'est ce qu'ont su faire nos grands aînés en organisant la décentralisation industrielle des années 60 et 70 dans notre département alors essentiellement rural, puis en nous faisant entrer dans le tertiaire d'avant garde, dans les années 80 et 90.
A nos yeux, il est aujourd'hui fondamental de trouver le troisième souffle pour les années 2010 et 2020.

D'autres regardent le département comme un gigantesque robinet à subventions qui leur permet de pérenniser- pensent ils- leur position dans leur canton en publiant tous les mois dans la presse les montants décrochés et rapportés à leurs communes comme les trophées d'un safari budgétaire (qui, il faut le rappeler, est payé par le contribuable).
Robinet que l'on se dispute également  puisqu'il permet par le jeu des présidences de commissions, de s'assurer la reconnaissance des collègues à qui l'on accorde des subsides,  disputant ainsi au président le rôle de grand donateur et espérant gagner leurs voix pour les échéances à venir.

Il est clair que nous ne parlions pas le même langage et que la réconciliation de ces deux visions exige un effort pédagogique et un minimum de confiance qui n'ont pas prévalu ces derniers temps..

Seconde divergence qui a beaucoup compté dans cette mini-crise: celle des méthodes et de la conception du jeu démocratique.

Un certain nombre d'entre nous sommes des tenants de la discussion ouverte et directe, même si quelque fois elle est rude.

D'autres préfèrent le bilatéral, le souterrain, les intermédiaires,  les promesses- différentes selon les interlocuteurs- le report à des échéances ultérieures des questions qui gênent, le billard à trois bandes si débridé qu'il a conduit certains à faire, au moment le plus critique, des propositions à l'opposition pour obtenir son aide !  ( laquelle, il faut le souligner, s'est dignement conduite dans toute cette affaire).

D'où aujourd'hui pour ceux qui se sont prêtés à ces jeux ou qui y ont été entraînés, un goût de trahison et de frustration.


3. Et maintenant

Nous disposons de la minorité de controle. Nous n'avons ni l'intention ni le goût de pratiquer  le jeu du pendule.
Nous ne souhaitons pas pour autant rester les spectateurs d'une situation qui ne nous conviendrait pas . (Je n'évoque même pas l'idée selon laquelle nos cantons pourraient être les victimes innocentes de quelques discriminations, tant je connais le sens de l'équité dans le partage de mes collègues).


Ou bien chacun est disposé à faire sur lui-même un effort important et sincère et on peut reconstruire.

Mes amis et moi-même sommes prêts et nous l'avons dit. Si nous avons apporté sans hésiter notre voix à Claude Bertaud, c'est pour l'aider et le soutenir.

Mais il faut qu'en contrepartie cesse le jeu des ambitions et des critiques et que chacun se mette au travail sérieusement, au service du département et non pas de ses intérêts personnels.

Certains, je le sais, partagent ce point de vue.

Il est encore possible de se ressaisir.


4. Un signe ?

Samedi soir, pour me remettre de cette période éprouvante et quelque peu tumultueuse, je suis allé assister au concert qui clôt la semaine pascale à l'abbaye de Fontevraud.

Lieu magique, toujours rempli de connaisances ( quoique peu fréquemment poitevines, ce qui pour moi reste un étonnement tant la distance est facile à couvrir), sol
istes de premier ordre, excellente formation dirigée par Ph.Pierlot ( Ricercar Consort pour les connaisseurs) à qui l'on a dû l'an dernier une reconstitution de la Passion selon Saint Marc, oeuvre, perdue pour sa partie musicale, de J.S. Bach. Au total, excellente soirée.

L'auteur: G.F Haendel

L'oeuvre, et on revient à notre sujet précédent : "La Résurrection" !


                                                    Francis Girault
par GIRAULT Francis publié dans : francis.girault
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