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Garder la trace des jours qui passent....

Noter ses réflexions,impressions, réactions aux faits, évènements du quotidien.

Les échanger, les partager, les discuter.

Tout cela est possible aujourd'hui, quelle que soit  l'heure, l'endroit, l'humeur....

C'est pourquoi j'ouvre ce blog aujourd'hui dans l'esprit de notre temps:spontanéité, réactivité,franchise et tolérance dans le débat.

Vous êtes cordialement invité(e) à y participer.

Francis Girault

Mardi 25 mars 2008
SEMAINE 12 ( du 17 au 21 mars 2008)

La semaine fut agitée.
Les portables ont chauffé. Contacts et réunions se sont multipliés. Les combinaisons les plus inattendues comme les plus absurdes se sont échafaudées . Certaines ont fonctionné, d'autres, pas.
Bref, le microcosme a été en effervescence.

Sang froid, réflexion et mesure n'ont pas été au rendez-vous.
Je persiste à le regretter aujourd'hui.

Dans les lignes qui suivent, je vais tenter, au-delà de l'anecdote - et pourtant il y en a eu de nombreuses et de savoureuses qui seront peut -être dévoilées un jour pour l'édification des citoyens- de décrire les ressorts de cette semaine qui ont conduit à la désignation d'un nouveau président du Conseil Général de la Vienne.


1. Un aboutissement


Depuis de longs mois, voire plusieurs années, nous étions plusieurs -et pas uniquement les trois improprement qualifiés de "dissidents" - à souligner et dénoncer les insuffisances du président sortant sur le terrain que, par décence, nous bornerons à la seule gouvernance de l'assemblée départementale.
En d'autres termes à plusieurs reprises dans des entretiens bilatéraux ou dans des réunions de majorité voire lors des assemblées publiques, nous avons fait valoir des questionnements, des étonnements et des griefs relatifs à telle ou telle initiative prise sans consultation, à un manque systématique de transparence dans la conduite des affaires départementales, à des méthodes rétorsives anormales dans une assemblée d'élus et à une absence répétée de lisibilité dans le leadership tant du Conseil Général que de la majorité départementale. 

Personnellement dans ce blog, j'ai écrit que je n'apporterai pas ma voix au président sortant. J'ai fait valoir cette même position longtemps à l'avance tant auprès de mes collégues que des personnes qui suivent avec attention la politique locale.
Je l'ai dit pendant ma campagne aussi bien aux maires qui m'ont apporté leur soutien qu'à mes concitoyens lors de mes réunions publiques.
Dans les innombrables consultations, discussions, réunions qui ont précédé l'élection du président, j'ai répété avec constance cette position.

D'autres que moi, tels que Bernard Doury et Denis Brunet ont, eux aussi, annoncé clairement leurs intentions auprès de tous ceux, nombreux, appartenant ou non au Conseil Général, qui les ont rencontrés et consultés.

Un certain nombre de nos collègues ont exprimé - dans des termes quelquefois autrement plus brutaux que ceux que nous avons pu utiliser- leurs reproches et leurs critiques...avant de négocier la contrepartie de leur ralliement ou de se satisfaire de promesses d'abandons des pouvoirs à leur profit.

Notre position était donc parfaitement connue de tous les acteurs directs ou extérieurs, et ce depuis longtemps.
J'ajoute qu'il n'était pas difficile de prévoir que la majorité- si majorité il y avait- serait mince et requérrait impérativement la mobilisation de ses membres autour d'un président d'union.

Tout ceci était donc parfaitement prévisible.

Précisons enfin qu'aucun de nous trois n'avons commencé par poser une quelconque candidature pour ne pas affaiblir notre position en donnant le sentiment que notre attitude à l'égard du président sortant, dissimulait un stratagème pour prendre sa place.

A titre personnel, j'ai assuré mes collègues que je ne revendiquais aucune place, étais disposé à contribuer à la construction d'un exécutif solide et responsable et qu'ils pourraient me mettre au rang qu'ils souhaiteraient, fut il le dernier. 

Mes deux autres collègues en ont fait de même dans les réunions qui ont précédé le 20 mars.

Cette attitude- pour aussi transparente et déterminée qu'elle ait été- n'a pas été crue ou comprise et n'a fait l'objet d'aucune ouverture de discussion.

Dans une dernière tentative, le jeudi avant la séance publique, nous avons de nouveau proposé une solution  de conciliation, permettant de présenter une majorité unie et de désigner,  dès le premier tour, un candidat.

Cette ultime proposition a été repoussée sans autre examen.

L'entêtement et l'aveuglement ont conduit à la pire des solutions: le départ dans des conditions peu honorables du président sortant, la majorité éclatée, un exécutif peu assuré, une minorité de contrôle, un groupe d' "historiques" qui doutent .

Ce n'est pas ce que nous voulions. Nous avons décrit à l'avance ce scénario et avons fait ce qui dépendait de nous, pour l'éviter.

Si tant est que dans ces circonstances où la lutte pour le pouvoir obscurcit les esprits, raison et lucidité sont impuissantes à convaincre.

2. Le pourquoi

Pourquoi en sommes nous arrivés à ce résultat ?

Il y a -au moins- deux causes profondes qui peuvent être avancées.

La première réside dans une divergence de vue fondamentale sur le rôle du département et par conséquence, sur l'organisation de l'exécutif départemental.

Mes amis et moi-même -mais le cercle est heureusement plus large- pensons que le département est un instrument de progrès collectif qui par une politique économique, sociale et d'équipements peut apporter du mieux-être à nos concitoyens.

Ces politiques seront d'autant plus efficaces qu'elles traduiront une vision de ce que doit devenir notre département à l'horizon 2030 et le prépareront à ces échéances.
C'est ce qu'ont su faire nos grands aînés en organisant la décentralisation industrielle des années 60 et 70 dans notre département alors essentiellement rural, puis en nous faisant entrer dans le tertiaire d'avant garde, dans les années 80 et 90.
A nos yeux, il est aujourd'hui fondamental de trouver le troisième souffle pour les années 2010 et 2020.

D'autres regardent le département comme un gigantesque robinet à subventions qui leur permet de pérenniser- pensent ils- leur position dans leur canton en publiant tous les mois dans la presse les montants décrochés et rapportés à leurs communes comme les trophées d'un safari budgétaire (qui, il faut le rappeler, est payé par le contribuable).
Robinet que l'on se dispute également  puisqu'il permet par le jeu des présidences de commissions, de s'assurer la reconnaissance des collègues à qui l'on accorde des subsides,  disputant ainsi au président le rôle de grand donateur et espérant gagner leurs voix pour les échéances à venir.

Il est clair que nous ne parlions pas le même langage et que la réconciliation de ces deux visions exige un effort pédagogique et un minimum de confiance qui n'ont pas prévalu ces derniers temps..

Seconde divergence qui a beaucoup compté dans cette mini-crise: celle des méthodes et de la conception du jeu démocratique.

Un certain nombre d'entre nous sommes des tenants de la discussion ouverte et directe, même si quelque fois elle est rude.

D'autres préfèrent le bilatéral, le souterrain, les intermédiaires,  les promesses- différentes selon les interlocuteurs- le report à des échéances ultérieures des questions qui gênent, le billard à trois bandes si débridé qu'il a conduit certains à faire, au moment le plus critique, des propositions à l'opposition pour obtenir son aide !  ( laquelle, il faut le souligner, s'est dignement conduite dans toute cette affaire).

D'où aujourd'hui pour ceux qui se sont prêtés à ces jeux ou qui y ont été entraînés, un goût de trahison et de frustration.


3. Et maintenant

Nous disposons de la minorité de controle. Nous n'avons ni l'intention ni le goût de pratiquer  le jeu du pendule.
Nous ne souhaitons pas pour autant rester les spectateurs d'une situation qui ne nous conviendrait pas . (Je n'évoque même pas l'idée selon laquelle nos cantons pourraient être les victimes innocentes de quelques discriminations, tant je connais le sens de l'équité dans le partage de mes collègues).


Ou bien chacun est disposé à faire sur lui-même un effort important et sincère et on peut reconstruire.

Mes amis et moi-même sommes prêts et nous l'avons dit. Si nous avons apporté sans hésiter notre voix à Claude Bertaud, c'est pour l'aider et le soutenir.

Mais il faut qu'en contrepartie cesse le jeu des ambitions et des critiques et que chacun se mette au travail sérieusement, au service du département et non pas de ses intérêts personnels.

Certains, je le sais, partagent ce point de vue.

Il est encore possible de se ressaisir.


4. Un signe ?

Samedi soir, pour me remettre de cette période éprouvante et quelque peu tumultueuse, je suis allé assister au concert qui clôt la semaine pascale à l'abbaye de Fontevraud.

Lieu magique, toujours rempli de connaisances ( quoique peu fréquemment poitevines, ce qui pour moi reste un étonnement tant la distance est facile à couvrir), sol
istes de premier ordre, excellente formation dirigée par Ph.Pierlot ( Ricercar Consort pour les connaisseurs) à qui l'on a dû l'an dernier une reconstitution de la Passion selon Saint Marc, oeuvre, perdue pour sa partie musicale, de J.S. Bach. Au total, excellente soirée.

L'auteur: G.F Haendel

L'oeuvre, et on revient à notre sujet précédent : "La Résurrection" !


                                                    Francis Girault
par GIRAULT Francis publié dans : francis.girault
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Lundi 17 mars 2008
SEMAINE 11 (du 10 au 16 mars 2008)


1. Les résultats de la consultation

Belle victoire à Chatellerault. 
Bravo à JP Abelin d'avoir dépassé ses hésitations pour mener une campagne qui n'était ni évidente, ni facile.

La majorité départementale s'en tire de justesse avec un autre candidat que le sien sur Vivonne et sur Poitiers V, un JP Jarry, qui au terme d'une campagne courageuse devant un adversaire de taille, s'en tire avec les honneurs. J'en suis content pour lui, car il le mérite .Aucun canton n'a pu être regagné par la majorité.

Ces résultats comme de façon plus générale, les résultats au niveau national annoncent de rudes batailles à venir pour dans trois ans. Le réservoir est de plus en plus mince.

Ces trois années doivent être consacrés à une vigoureuse démonstration de ce que la majorité départementale est capable d'incarner prioritairement l'avenir du département en tant que tel et n'est pas une simple addition de conseillers préoccupés uniquement de leur canton.

Plus que jamais un projet solide  de la majorité est nécessaire pour nous ressouder et reconstruire une dynamique convaincante et efficace.

Nul doute que les candidats en présence sauront dans les prochains jours nous convaincre de l'existence de ce projet et de leur capacité à le mettre en oeuvre.

2. Déclaration à FR3

J'ai été interrogé vers 22h 30 par Marc Delannoy sur FR3.

Deux questions: êtes vous candidat à la présidence? Que voulez vous dire par votre formule : le département n'a pas droit à la médiocrité?


Réponse: je n'ai pas encore arrêté de position. Après le départ de J.Grandon et de JY Chamard , je suis désormais le plus ancien membre de l'Assemblée.
Je pense être celui qui dispose de l'expérience la plus large tant dans le domaine de la gestion des affaires publiques  que de l'économie ou de l'administration à son plus haut niveau. Au cours de mes carrières successives dans le privé et dans le public, j'ai accumulé des réseaux de relations larges et diversifiés qui dépassent largement le cadre national.

Je suis prêt à apporter expérience, savoir-faire et contacts à l'assemblée départementale si mes collègues souhaitent s'engager pour les trois ans à venir dans projet pour le département solide dans la ligne des politiques audacieuses de nos aînés. Ce qui m'intéresse, c'est de préparer notre département pour les années 2030.

Mes collègues savent que je suis disponible et prêt à jouer un rôle à la place qu'ils décideront.

3.Tactiques

Deux voix d'avance.
Tout est possible pour la formation du nouvel exécutif départemental, y compris le pire si des maladresses sont commises.

Il va falloir aux membres de la majorité du sang froid, de la réflexion et le sens approfondi des responsabilités, notamment à l'égard du département .

Je souhaite un débat clair, explicite et entre membres adultes. Beaucoup de choses doivent se dire ouvertement pour que le redémarrage se fasse avec le moins d'arrière- pensées et de frustrations possibles.

C'est pourquoi j'ai refusé jusqu'alors toutes les propositions plus ou moins directes qui me sont faites pour gagner ma voix. Je n'apprécie que modérément le bilatéral et la fausse discrétion dans ce genre de discussion .

Ma conception de la démocratie s'accommode mal de la manoeuvre et du souterrain.

A suivre.

                                                       Francis Girault
par GIRAULT Francis publié dans : francis.girault
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