Lundi 18 février 2008

SEMAINE 7 (du 10 au 16 février 2008)


1.On lèche, on lâche, on lynche.

Ainsi va la vie médiatique aujourd'hui.
L'exposition médiatique est inévitable d'une part, indispensable d'autre part.
Elle conduit à ce cycle de plus en plus ressérré dans la durée: l'ascension au pinacle, le doute qui s'insinue, la descente aux enfers.
C'est ce que vivent aujourd'hui le Président de la République ou encore le PDG de la Société Générale.

Rares sont ceux qui, exerçant des responsabilités importantes,  peuvent aujourd'hui cultiver la discrétion, éviter de devenir un objet de curiosité publique et échapper à ce terrifiant enchaînement.

C'est vrai des politiques : la notoriété leur est indispensable  pour tout simplement exister. Un  politique dont on ne parle pas n'existe pas.

C'est vrai des hommes d'entreprises cotées : une partie de leur temps est consacrée à convaincre actionnaires, investisseurs, banquiers de leurs talents managériaux et de leurs capacités à créer de nouvelles richesses.

C'est vrai des sportifs, artistes et autres "people" dont la valeur marchande est directement indexée sur l'audimat.

Le flux d'informations que chacun  d'entre nous recevons au quotidien est devenu tellement considérable que pour que quelques unes aient une chance de nous atteindre, elles doivent être de plus en plus massives, simplifiées et toucher le coeur, l'estomac ou carrément le dessous de la ceinture.

Gérer son image est devenu un impératif  vital.
Ne pas en faire assez et c'est l'indifférence. En faire trop et c'est le risque de la surexposition.

Le bon réglage est difficile, surtout en France, pays dans lequel le critère de l'action concrête et du résultat pratique n'est pas le plus valorisé.
Le bon mot, la petite phrase, le copinage ( pardon, le "réseau" en langage politiquement correct) demeurent des recettes plus efficaces et moins astreignantes.


Il reste à notre président qui fut un "communicateur " hors pair quand il était ministre- candidat puis pendant la campagne des présidentielles, de montrer comment il peut restaurer son image qu'il a si vite et si allègrement consumée.

C'est possible. Il en a le temps et le talent.
Voir Clinton qui s'est révèlè un maître en matière d'acrobaties médiatiques.

Mais pour cela il vaut mieux donner au pays ce qu'il veut : un avenir plus solide.
C'est à dire le 3% de croissance promis qui, seul, permet de régler nombre de problèmes.

C'est à dire une vraie stratégie économique, claire et concrète, comprise du plus grand nombre parce que solide et appliquée avec constance et rigueur.

Alors le pays reprendra confiance en son président mais surtout en lui-même, saura faire preuve de patience pour engranger les résultats s'il se sent sur la bonne pente et affrontera les réformes avec audace et volonté de changer.

C'est encore possible après les élections.
Mais c'est la dernière chance... avant l'assoupissement qui, faute du sursaut salutaire tant attendu, nous conduira au prochain dérapage.

2.Nouvelles de la campagne

Les boites à lettres se remplissent, la nervosité gagne, la spéculation va bon train, les esprits s'échauffent, les espoirs succèdent aux angoisses et réciproquement, les rumeurs circulent, les programmes font de la surcharge pondérale ( je lis des 40 engagements, 50 engagements...ceci pour six ans, soit de 7 à 8 engagements tenus par an ou un engagement rempli sans discontinuer tous les mois et demi !).

Bref, nous sommes au coeur de la campagne municipale et cantonale.

Ces moments sont une fête de la démocratie : chacun sent directement l'utilité, l'intérêt et le pouvoir de sa voix. Et il le fait sentir plutôt nettement au candidat. Qui, lui, mesure à quel point il est là pour d'abord répondre à cette multitude d'attentes qui s'expriment dans ces rencontres fortement concentrées dans le temps.

Fascinant exercice duquel se dégagent progressivement des lignes de force faites d'un mélange de constantes et d'évolutions souhaitées.
Toujours cette recherche de l'équilibre dans le mouvement ou de la dynamique sans heurt. Et pourquoi pas ?

Je pénètre dans de nombreux intérieurs. Je suis frappé de constater à quel point nous sommes devenus attentifs au confort et à l'entretien de nos habitations. C'est dans le niveau de l'équipement domestique que l'on mesure la progression des qualités de vie au quotidien.

Un journaliste économique citait récemment une étude selon laquelle, au cours du 20ème siècle, le niveau de vie a été multiplié dans les économies occidentales par 7 par siècle! C'est à dire que nous vivons sur des standards 7 fois plus élevés en moyenne que nos grands-parents et ce malgré ( et il faut le reconnaître en partie à cause de) deux conflits mondiaux. Ou encore que les standards de nos petits enfants seront 50 fois plus élevés que les nôtres !!!
De quoi donner de l'espoir à nos enfants et à nos petits enfants.

C'est là un résultat économique, d'abord dû au travail, à la créativité et aux capacités d'adaptation de  nos populations .
Le vrai rôle du politique est d'expliquer, faciliter, préparer, accompagner, inciter mais rarement  de faire à la place des acteurs économiques et encore moins de prétendre piloter l'économie.
C'est ce qu'on bien compris les anglo-saxons, plus pragmatiques que nous, et finalement plus exigeants avec leurs représentants politiques puisqu'ils leur demandent de satisfaire les attentes de leurs concitoyens sans avoir les mains sur toutes les manettes.

A titre d'exemple, l'assiette des trois impôts locaux ( bases de la taxe d'habitation, de la taxe professionnelle et du foncier bâti) d'une commune comme Jaunay-Clan a progressé de 28% entre 2001 et 2007.
Ce chiffre mesure très imparfaitement l'accroissement de la richesse sur le territoire communal générée par de nouvelles constructions et nouvelles implantations d'entreprises ainsi que par les extensions et améliorations apportées par l'investissement sur les patrimoines existants.

Ce qui a permis de limiter la progression des taux communaux sur la même période à 5,4%, soit 0,7% par an en moyenne.

C'est donc très largement la croissance qui a financé nos investissements et l'extension de nos services.

3. Le sujet dont on ne doit pas parler.

Sujet tabou, présent dans nombre d'esprits, à la source de nombre de questions, objet de nombre de réponses d'autant plus évasives qu'elles débordent d'arrière-pensées,  cible de nombre de stratégies pensées et repensées, cause de nombre d'amitiés aussi soudaines qu' inopinées.

Sujet si accessoire qu'il n'y a pas de candidat ouvertement déclaré.

Sujet si secondaire que, tout un chacun, uniquement concentré sur sa campagne ou sur la campagne de ses collègues, ne s'en préoccupe pas.

Sujet si peu important que la presse ne l'évoque pas.

Et pourtant, quelques audacieux ont osé en parler.

C'était à l'occasion de notre déjeuner semestriel du Conseil des Sages à Jaunay-Clan qui regroupe les anciens maires-adjoints et élus municipaux pour un échange toujours aussi fructueux que convivial que LE sujet fut évoqué.

Comme le nom de leur Conseil l'indique, les membres qui le composent sont pleins de bon sens, d'expériences et d'un désintéressement personnel total. Ce qu'ils disent mérite donc d'être écouté avec une attention redoublée.

La question est simple: actuellement toutes les listes municipales affichent comme le veut la loi et le souhaitent les électeurs, le candidat qui sera le maire, c'est à dire présidera l'exécutif communal.
Puisque cantonales il y a, qui seront les candidats pour présider l'exécutif départemental ?

Question intéressante et pertinente.

Il fallait être sage ce jour là pour savoir ce que j'ai répondu.

                                                                  Francis Girault


par GIRAULT Francis publié dans : francis.girault
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