>>> Francis Girault
SEMAINE 10 (du 2 au 9 mars 2008)
1.Résultats
Au terme de 22 réunions, de 8 publications électorales , d'une dizaine de réunions de liste, des visites non
décomptées, de contacts téléphoniques multiples les résultats sont tombés:
-pratiquement 60% ( 59,83%) aux élections municipales à Jaunay-Clan, le 24ème poste nous échappant à quelques voix près. En progression par rapport à 2001.
-près de 54% (53, 94%) aux élections cantonales avec plus de 50% des voix dans chacune descommunes du canton. En progression par rapport à 2001.
Le travail paie. La transparence et la sincérité aussi.
Des projets clairs , réalistes.
Une équipe qui a plaisir à travailler ensemble au service de la collectivité.
Une équipière ( je préfère ce terme à celui de suppléante) pour le Conseil Général qui a vite compris les règles de la compétition.
Des soutiens actifs et nombreux.
Tels sont , résumés, les ingrédients de ces résultats.
Même constat pour les communes voisines et amies :Beaumont, Marigny-Brizay, Saint Cyr, Saint Georges.
Un mystère: la commune de Dissay . En dépit d'une liste d'opposition de qualité au maire sortant, celui-ci a fait passer dès le premier tour, toute sa liste.
Insondable profondeur des coeurs et des reins ! Avec le temps, peut être arriverons nous à comprendre.
2. La campagne : qu'est- ce qui a changé?
Au gré de la campagne, des changements apparaissent par rapport à
2001.
L'apparition des blogs de campagne. Nous avions le nôtre. Nos adversaires également.
Trente à Quarante consultations par jour. Nous l'avons utilisé pour présenter nos profils et faire le compte rendu des réunions.
Pas ou peu d'utilisation polémique.
Les réunions publiques n'intéressent que la fraction la plus âgée de la population : peu de personnes de moins de 40 ans. Pas de contradicteurs. Même si il faut conserver le principe de
présentation publique, on sent que ce n'est plus le premier moyen pour convaincre et pour animer une campagne.
Peu de commentaires sur les documents électoraux : généralement ils ont été lus si l'on en croit, les réponses aux interrogations directes. Quelques distributions aléatoires de la part de la
Poste : mais il est difficile de se faire une opinion, car ces documents étant distribués avec la publicité, il est à craindre qu'ils ne soient allés directement au panier dans certains
cas.
Nous avons vécu la dernière campagne traditionnelle.
De nouvelles formes de campagne sont manifestement à inventer, faisant une plus large place au contact direct et individualisé: téléphone, courrier, mail à la personne.
Sur le fond, changements également.
Peu de demandes d'équipements, peu d'évocation du "social" au sens des années 80.
Comme si la plupart des besoins étaient satisfaits aujourd'hui ou faisaient l'objet d'une attention suffisante.
Ou comme si ce qui est proposé va de soi : ainsi le projet de construire une nouvelle maison médicalisée de 84 lits apparaît comme une évidence .
Pas de réticence exprimée au développement et à la croissance pour peu qu'ils soient maîtrisés.
La liaison entre croissance et d'une part augmentation des ressources et d'autre part emploi est désormais clairement perçue.
Manifestement l'environnement et le développement durable intéressent à condition d'être déclinés dans des projets lisibles et concrets.
Enfin plus que jamais, le quotidien apparaît la préoccupation première: circulation, déplacements en commun, voirie, niveau de fiscalité.
L'heure ne paraît pas être aux grandes ambitions et aux vastes perspectives.
Comme si tout un chacun avait eu son plein de ruptures, changements et promesses d'améliorations rapides. Et n'aspirait qu' à profiter de l'acquis ( réel dans de nombreux foyers visités) et à des
fins de mois pas trop contraintes.
Viser l'aisance dans chaque foyer, n'est ce pas le résultat de bonnes politiques?
Reste à imaginer celles-ci et surtout à les mettre en oeuvre.
C'est à l'occasion de campagnes comme celles-ci que l'on constate à quel point notre pays a changé: la classe moyenne s'est considérablement élargie.
Du coup, l'ascenseur social est moins visible dans ses effets puisqu'il ne fait plus franchir des étages entiers comme dans le passé.
C'est plutôt une image d'escalier roulant doté de marches de faible hauteur qui s'impose aujourd'hui. Et comme ses homologues dans la réalité, il manifeste de temps à autre des pannes aussi
imprévues que variables dans leur durée.
3. Le Département. Qu'est-ce qui devrait changer?
Le suspense est intéressant.
Au-delà de la question de la présidence du Conseil Général, il est légitime de se demander à quoi doivent servir pour notre département, les trois prochaines années.
Clairement, il nous faut redéfinir les priorités sur lesquelles l'Assemblée départementale choisira de s'engager pour l'avenir.
Plusieurs sujets méritent d'être débattus au fond, toutes sensibilités confondues.
Quelle place pour l'action sociale?
La loi a conféré au département un rôle central dans la distribution de l'aide sociale. Plus de la moitié du montant du budget
départemental est consacré à cette action.
Elle est importante et essentielle pour nombre de nos
concitoyens.
Elle pose des questions d'équité dans la distribution pour assurer une juste
répartition, d'innovation dans les actions pour les organiser afin qu'elles soient anticipatrices et réparatrices et non simplement de compensation, d'imagination pour
détecter les véritables besoins et apporter des nouvelles réponses, de courage pour couper les actions devenues obsolètes ou trop automatiques.
C'est donc avant tout une gestion intelligente, ouverte et généreuse qu'il importe de conduire.
Mais à soi seule, cette action ne préparera pas le département des années 2030.
Quelle place pour l'équipement des communes et l'investissement?
Pendant les années 1970-2000, le département a été l'appui et quelquefois l'instigateur de l'équipement
des communes. Durant cette période, nombre d'entre elles ont construit avec l'aide des subventions communales écoles, collèges, foyers de personnes âgées, salles polyvalentes, gymnases et
équipements sportifs, aménagements de centre bourg et de villages, casernes de pompiers, maisons et équipements pour les associations, restaurations des églises et autres monuments appartenant à
leur patrimoine et j'en oublie probablement.
Il suffit de circuler dans le département pour constater à quel point l'effort a été gigantesque, accentuant par la même dynamique la disparition de la différence ville-campagne.
Le besoin aujourd'hui se ralentit. Hormis les maisons médicalisées (Ehpad) rendues nécessaires par l'allongement de la vie, les besoins d'équipement sont devenus moins nombreux et moins
ciblés.
D'autres sollicitations comme les transports en commun apparaissent, liées à la hausse du coût du déplacement individuel pour lesquelles nos concitoyens nous interpellent de
plus en plus . Rappelons que cette compétence est départementale en dehors des deux agglomérations de Poitiers et Chatellerault.
La vocation du département en qualité d'"équipementeur", là aussi, demande à être réexaminée en profondeur.
Quelle place pour les territoires au sein du département ?
Le département et la fracture territoriale. C'est une vraie question qui concerne le Conseil Général au premier chef.
Elle mérite une approche originale et probablement audacieuse.
Plusieurs voies sont envisageables et doivent être simultanément et énergiquement mises en oeuvre. L'effort est de longue haleine et ne se réduit pas simplement à un réaménagement de
la distribution de subventions.
Quelle place pour la préparation de l'avenir?
Le département générateur de croissance et "anticipateur" pour les années 2025 et 2030.
C'est, à mes yeux, la plus importante et la plus difficile des missions.
Celle-ci n'est pas
directement inscrite dans la loi.Mais on sent bien que c'est sur ce rôle que se joue l'avenir des départements.
Ou bien le département devient un échelon délocalisé de l'action sociale et immanquablement, il deviendra l' annexe sociale de la Région. Ou bien il est capable d'imaginer et de préparer son
avenir et sa légitimité ne sera pas remise en cause.
Deux présidents successifs ont brillamment illustré ce propos:
-Pierre Abelin qui m'avait en son temps confié la commission Economique et du Plan.
Il a réussi à partir de la moitié des années 60 la décentralisation industrielle au profit de notre département en faisant venir dans un département quasiment pas industrialisé si l'on excepte la
manufacture d'armes, nombre de grands établissements toujours présents aujourd'hui, quelquefois sous d'autres noms: Snecma, Marchal, Schlumberger, Télémécanique, Dassault....
-René Monory qui 10 ans après, a su comprendre la révolution du tertiare et l'a anticipé avec le Téléport et le Futuroscope.
Dans les deux cas, grâce à la vision de ces deux hommes et à leur capacité à la traduire concrètement, notre département
a acquis une place et un statut beaucoup plus importants que ceux auxquels sa taille et ses atouts le prédisposaient naturellement .
Il nous faut aujourd'hui retrouver un projet de vaste ambition comparable à ceux qu'ont su inventer en leur temps nos aînés.
Les atouts qu'ils nous ont légués sont plus importants que ceux qu'ils ont trouvés : attractivité, liaisons autoroutières, ferroviaires et aériennes, concentration de matière grise.
Le Département de la Vienne, s'il veut rester dans le chemin tracé par nos prédecesseurs, n'a pas le droit à la médiocrité et doit faire de cette ambition, le véritable enjeu de
ces trois prochaines années .
On est loin des sourdes manoeuvres qui se trament en ce moment pour maintenir ou gagner une présidence qui, de toute façon, sera difficile à exercer.
Je n'ai qu'un seul souhait: que la préoccupation de l'intérêt départemental soit au premier rang dans les décisions qu'auront à prendre prochainement les 38 prochains conseillers généraux et que,
par respect pour ceux et celles qui nous ont désignés, nous sachions mettre de côté, au moins pour un temps, ambitions individuelles et combinaisons politiciennes.
L'avenir dira si nous avons été à la hauteur.
Francis
Girault
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