Mardi 25 mars 2008
SEMAINE 12 ( du 17 au 21 mars 2008)

La semaine fut agitée.
Les portables ont chauffé. Contacts et réunions se sont multipliés. Les combinaisons les plus inattendues comme les plus absurdes se sont échafaudées . Certaines ont fonctionné, d'autres, pas.
Bref, le microcosme a été en effervescence.

Sang froid, réflexion et mesure n'ont pas été au rendez-vous.
Je persiste à le regretter aujourd'hui.

Dans les lignes qui suivent, je vais tenter, au-delà de l'anecdote - et pourtant il y en a eu de nombreuses et de savoureuses qui seront peut -être dévoilées un jour pour l'édification des citoyens- de décrire les ressorts de cette semaine qui ont conduit à la désignation d'un nouveau président du Conseil Général de la Vienne.


1. Un aboutissement


Depuis de longs mois, voire plusieurs années, nous étions plusieurs -et pas uniquement les trois improprement qualifiés de "dissidents" - à souligner et dénoncer les insuffisances du président sortant sur le terrain que, par décence, nous bornerons à la seule gouvernance de l'assemblée départementale.
En d'autres termes à plusieurs reprises dans des entretiens bilatéraux ou dans des réunions de majorité voire lors des assemblées publiques, nous avons fait valoir des questionnements, des étonnements et des griefs relatifs à telle ou telle initiative prise sans consultation, à un manque systématique de transparence dans la conduite des affaires départementales, à des méthodes rétorsives anormales dans une assemblée d'élus et à une absence répétée de lisibilité dans le leadership tant du Conseil Général que de la majorité départementale. 

Personnellement dans ce blog, j'ai écrit que je n'apporterai pas ma voix au président sortant. J'ai fait valoir cette même position longtemps à l'avance tant auprès de mes collégues que des personnes qui suivent avec attention la politique locale.
Je l'ai dit pendant ma campagne aussi bien aux maires qui m'ont apporté leur soutien qu'à mes concitoyens lors de mes réunions publiques.
Dans les innombrables consultations, discussions, réunions qui ont précédé l'élection du président, j'ai répété avec constance cette position.

D'autres que moi, tels que Bernard Doury et Denis Brunet ont, eux aussi, annoncé clairement leurs intentions auprès de tous ceux, nombreux, appartenant ou non au Conseil Général, qui les ont rencontrés et consultés.

Un certain nombre de nos collègues ont exprimé - dans des termes quelquefois autrement plus brutaux que ceux que nous avons pu utiliser- leurs reproches et leurs critiques...avant de négocier la contrepartie de leur ralliement ou de se satisfaire de promesses d'abandons des pouvoirs à leur profit.

Notre position était donc parfaitement connue de tous les acteurs directs ou extérieurs, et ce depuis longtemps.
J'ajoute qu'il n'était pas difficile de prévoir que la majorité- si majorité il y avait- serait mince et requérrait impérativement la mobilisation de ses membres autour d'un président d'union.

Tout ceci était donc parfaitement prévisible.

Précisons enfin qu'aucun de nous trois n'avons commencé par poser une quelconque candidature pour ne pas affaiblir notre position en donnant le sentiment que notre attitude à l'égard du président sortant, dissimulait un stratagème pour prendre sa place.

A titre personnel, j'ai assuré mes collègues que je ne revendiquais aucune place, étais disposé à contribuer à la construction d'un exécutif solide et responsable et qu'ils pourraient me mettre au rang qu'ils souhaiteraient, fut il le dernier. 

Mes deux autres collègues en ont fait de même dans les réunions qui ont précédé le 20 mars.

Cette attitude- pour aussi transparente et déterminée qu'elle ait été- n'a pas été crue ou comprise et n'a fait l'objet d'aucune ouverture de discussion.

Dans une dernière tentative, le jeudi avant la séance publique, nous avons de nouveau proposé une solution  de conciliation, permettant de présenter une majorité unie et de désigner,  dès le premier tour, un candidat.

Cette ultime proposition a été repoussée sans autre examen.

L'entêtement et l'aveuglement ont conduit à la pire des solutions: le départ dans des conditions peu honorables du président sortant, la majorité éclatée, un exécutif peu assuré, une minorité de contrôle, un groupe d' "historiques" qui doutent .

Ce n'est pas ce que nous voulions. Nous avons décrit à l'avance ce scénario et avons fait ce qui dépendait de nous, pour l'éviter.

Si tant est que dans ces circonstances où la lutte pour le pouvoir obscurcit les esprits, raison et lucidité sont impuissantes à convaincre.

2. Le pourquoi

Pourquoi en sommes nous arrivés à ce résultat ?

Il y a -au moins- deux causes profondes qui peuvent être avancées.

La première réside dans une divergence de vue fondamentale sur le rôle du département et par conséquence, sur l'organisation de l'exécutif départemental.

Mes amis et moi-même -mais le cercle est heureusement plus large- pensons que le département est un instrument de progrès collectif qui par une politique économique, sociale et d'équipements peut apporter du mieux-être à nos concitoyens.

Ces politiques seront d'autant plus efficaces qu'elles traduiront une vision de ce que doit devenir notre département à l'horizon 2030 et le prépareront à ces échéances.
C'est ce qu'ont su faire nos grands aînés en organisant la décentralisation industrielle des années 60 et 70 dans notre département alors essentiellement rural, puis en nous faisant entrer dans le tertiaire d'avant garde, dans les années 80 et 90.
A nos yeux, il est aujourd'hui fondamental de trouver le troisième souffle pour les années 2010 et 2020.

D'autres regardent le département comme un gigantesque robinet à subventions qui leur permet de pérenniser- pensent ils- leur position dans leur canton en publiant tous les mois dans la presse les montants décrochés et rapportés à leurs communes comme les trophées d'un safari budgétaire (qui, il faut le rappeler, est payé par le contribuable).
Robinet que l'on se dispute également  puisqu'il permet par le jeu des présidences de commissions, de s'assurer la reconnaissance des collègues à qui l'on accorde des subsides,  disputant ainsi au président le rôle de grand donateur et espérant gagner leurs voix pour les échéances à venir.

Il est clair que nous ne parlions pas le même langage et que la réconciliation de ces deux visions exige un effort pédagogique et un minimum de confiance qui n'ont pas prévalu ces derniers temps..

Seconde divergence qui a beaucoup compté dans cette mini-crise: celle des méthodes et de la conception du jeu démocratique.

Un certain nombre d'entre nous sommes des tenants de la discussion ouverte et directe, même si quelque fois elle est rude.

D'autres préfèrent le bilatéral, le souterrain, les intermédiaires,  les promesses- différentes selon les interlocuteurs- le report à des échéances ultérieures des questions qui gênent, le billard à trois bandes si débridé qu'il a conduit certains à faire, au moment le plus critique, des propositions à l'opposition pour obtenir son aide !  ( laquelle, il faut le souligner, s'est dignement conduite dans toute cette affaire).

D'où aujourd'hui pour ceux qui se sont prêtés à ces jeux ou qui y ont été entraînés, un goût de trahison et de frustration.


3. Et maintenant

Nous disposons de la minorité de controle. Nous n'avons ni l'intention ni le goût de pratiquer  le jeu du pendule.
Nous ne souhaitons pas pour autant rester les spectateurs d'une situation qui ne nous conviendrait pas . (Je n'évoque même pas l'idée selon laquelle nos cantons pourraient être les victimes innocentes de quelques discriminations, tant je connais le sens de l'équité dans le partage de mes collègues).


Ou bien chacun est disposé à faire sur lui-même un effort important et sincère et on peut reconstruire.

Mes amis et moi-même sommes prêts et nous l'avons dit. Si nous avons apporté sans hésiter notre voix à Claude Bertaud, c'est pour l'aider et le soutenir.

Mais il faut qu'en contrepartie cesse le jeu des ambitions et des critiques et que chacun se mette au travail sérieusement, au service du département et non pas de ses intérêts personnels.

Certains, je le sais, partagent ce point de vue.

Il est encore possible de se ressaisir.


4. Un signe ?

Samedi soir, pour me remettre de cette période éprouvante et quelque peu tumultueuse, je suis allé assister au concert qui clôt la semaine pascale à l'abbaye de Fontevraud.

Lieu magique, toujours rempli de connaisances ( quoique peu fréquemment poitevines, ce qui pour moi reste un étonnement tant la distance est facile à couvrir), sol
istes de premier ordre, excellente formation dirigée par Ph.Pierlot ( Ricercar Consort pour les connaisseurs) à qui l'on a dû l'an dernier une reconstitution de la Passion selon Saint Marc, oeuvre, perdue pour sa partie musicale, de J.S. Bach. Au total, excellente soirée.

L'auteur: G.F Haendel

L'oeuvre, et on revient à notre sujet précédent : "La Résurrection" !


                                                    Francis Girault
par GIRAULT Francis publié dans : francis.girault
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Commentaires

Monsieur le maire, malheureusement je ne trouve pas sur votre site le sujet de ma demande. Je vous adresse donc celle-ci sur ce post. Vous proposiez dans votre programme l'ouverture d'une maison de retraite médicalisée à jaunay-clan. Qu'en est-il ? Ce projet sera t'il mené à bien et dans combien de temps ? Si je m'interesse à ce projet c'est que je serai dans un an psychologue spécialiste des troubles du langage et comme vous le savez les personnes âgées en souffrent souvent. Malheureusement trop peu de structure offre ce type de service. Je compte sur vos engagements pour y remédier. Peut-être pourrions nous nous rencontrer pour échanger à ce sujet. Cordialement. Pauline Monteil

commentaire n° : 1 posté par : Monteil le: 28/03/2008 21:30:16
Le projet de maison médicalisée vient de recevoir un avis favorable du Crosms. Si tout continue à progresser de façon positive, il devrait aboutir à une mise en service courant 2011. C'est la commission d'action sociale qui est en charge de ce projet.
Francis Girault
réponse de : GIRAULT Francis (site web) le: 31/03/2008 16:55:13

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