Retour au quotidien et à ses contingences, avec la préparation du vote du budget communal.
Je l'avais annoncé les budgets 2008 sont difficiles à établir: hausse des coûts de personnel, de l'énergie, de l'alimentation et des taux d'intérêts. tous les paramètres de dépenses sont à la
hausse et ceci dans un contexte de ralentissement économique mondial donc français.
Côté recettes : une satisfaction communale. Notre croissance nous apporte (heureusement) des recettes supplémentaires : +6% pour la taxe professionnelle.
Malheureusement, joue contre nous une disposition applicable depuis 2007 selon laquelle, pour résumer, quand une collectivité territoriale augmente son taux d'imposition de 3%, l'Etat opère à son
propre profit un prélèvement de 1% !
Je ne comprends pas comment les députés et sénateurs ont accepté de voter une pareille disposition. Il s'agirait, nous dit on, de peser sur les augmentations de dépenses des collectivités.
Il est peu supportable d'entendre Madame Lagarde et M. Woerth la semaine dernière nous expliquer benoîtement que l'accroissement du déficit public
est essentiellement imputable aux collectivités locales qui seraient incapables de maîtriser leurs dépenses.
Je veux bien accepter l'idée que nous ne sommes pas de parfaits gestionnaires. Mais l'Etat, qui se félicite de la stabilisation de ses dépenses, devrait en réalité les diminuer
puisqu'il opère des transferts de charges dans le cadre de la décentralisation.
Les augmentations de dépenses des collectivités qui leur sont reprochées proviennent pour une bonne part des charges que leur transfère l'Etat ou des effets de nouvelles mesures qu'il institue
: ainsi, la semaine de quatre jours d'école va entraîner pour les communes de nouvelles charges.
S'ajoute une dynamique de la demande en provenance de la population : les communes sont amenées, à la demande des administrés, d'assurer de plus en plus de services au quotidien : garderies,
centres de loisirs, déplacements...
Ces services reposent pratiquement à 100% sur du personnel. La prise en compte des coûts est immédiate dans un budget. L'usager n'accepte de payer qu'une fraction du coût réel.
Résultat c'est au contribuable que l'on demande de faire la soudure budgétaire.
Nous voyons bien que le "toujours plus" adressé depuis trente ans au secteur public trouve aujourd'hui sa limite.
Celui-ci n'a plus les moyens de ses politiques d'assistance. Aujourd'hui il faut gérer au mieux l'existant et arrêter de rajouter de nouvelles dépenses de fonctionnement.
Seule une croissance vigoureuse permettra de repartir (et répartir) de nouveau.
Application pour le budget communal: nous allons intensifier notre programme d'action économique et accélérer autant que possible la nouvelle ZAC pour créer de la ressource supplémentaire.
Compression pour 2008 des dépenses de fonctionnement.
Mise au minimum du programme d'investissement.
Il faut passer le cap d'une année difficile comme nous en rencontrons tous les 10 ans ( la dernière remonte à 96/97 et à un moindre degré en 2002).
Ce n'est qu'en faisant des efforts sérieux cette année que nous retrouverons pour les années suivantes des marges de manoeuvres et serons capables dans des conditions raisonnables de réaliser notre
programme.
Nous ne choisissons pas la voie facile.
Mais c'est la seule raisonnable.
2.L'Energie
Déjeuner avec un de mes amis, ancien patron de la recherche d'un grand groupe et membre éminent de l'Académie des Technologies.
La donne de l'énergie est en train de changer à grande vitesse en raison du prix du baril.
Le nucléaire est revenu en force : plus beaucoup d'opposants ne contestent son intérêt. Faible coût, disponibilité quasiment illimitée, sûreté, absence d'émanations de gaz à effet de serre...
L'énergie bio commence à faire se lever de nombreux doutes: coût élevé, bilan écologique contesté, effet sur l'approvisionnement alimentaire d'un monde peuplé aujourd'hui de 6 milliards
d'habitants, demain de 9 milliards.
L'énergie éolienne est condamnée par de nombreux spécialistes hormis quelques cas d'emplois sur des sites industriels. Le coût pour la collectivité est monstrueux et le succès actuel est du à un
suivisme de réalisations à l'étranger, ruineux chez nous en raison du prix de reprise imposé par les pouvoirs publics à EDF.
Et cerise sur le gâteau, le vieux pétrole, honni, condamné... qui revient. Car dans ce domaine aussi, le prix élevé du baril permet de réaliser des progrès scientifiques importants . Si le
deep offshore (2000 m d'eau) fut le triomphe technologique des années 2000, le very deep subshore pourrait être la novation des années 2010 avec la mise en évidence de nouvelles et importantes
réserves.
Nous ne sommes pas au bout des surprises .
3.Le futur au Futuroscope
Participation à l'inauguration du nouveau pavillon des "Animaux du Futur" au Futuroscope.
Journée bien organisée et fort bien réussie, aidée par un beau soleil printanier.
Parmi les invités notamment départementaux régnait une harmonie de bon aloi, toutes options confondues .
Comment interpréter ce moment de grâce qui intervenait après des affrontements récents qui furent quand même un peu rudes ? Temps de respiration que s'accordent les champions entre deux épreuves ?
Espoir placé dans une ère nouvelle qui s'ouvre devant les différents protagonistes ? Volonté affichée de montrer que ce qui rapproche est, somme toute, plus fort que ce qui divise ?
L'avenir le dira.
A moins que ce ne soit simplement une manifestation de l'effet "réalité augmentée" qui, ce jour là et à cet endroit, s'est appliqué au bon sens et à l'esprit de tolérance des élus
présents !
4. La société de consommation de loisirs
Visite de Center Parks en Sologne, ce dimanche, à l'invitation d'un élu ami qui y résidait quelques jours et qui souhaitait me montrer ce
type d'équipement pour notre projet sur le lac de Saint Cyr..
Le temps pluvieux ne m'a pas permis de voir sous son meilleur jour, le Parc.
Respect de la nature, vastes espaces, bon entretien général, dispositions astucieuses des habitations, intérieur du logement bien conçu, parti pris de lumière et d'ouverture sur la nature. Tous les
véhicules sont garés à l'extèrieur.
La bulle est un spectacle surprenant à la fois par son gigantisme et le nombre d'animations qu'elle abrite. Et encore je n'ai pu qu'entrevoir la partie aquatique.
Le plus frappant : le parc contient de l'ordre de 800 logements sur environ 50 ha. Le taux de remplissage tout au long de l'année est proche de 100%. Je peux témoigner qu'en cette fin de journée
d'un dimanche maussade alors que nombre de résidents manifestement étaient sur le départ, la bulle était encore pleine.
Cela veut dire de l'ordre de 5000 personnes en permanence provenant aussi bien de France que des pays plutôt nordiques.
C'est vraiment l'illustration de la société de loisirs, dans ce cas organisée autour de l'attraction des plaisirs aquatiques, praticables quelque soit la saison, de la nature et de la famille.
Impressionnant. Tout ceci conforte l'idée du projet de Saint Cyr. A nous de trouver les financements. La partie sera rude par les temps qui courent !