SEMAINE 15 (du 7 au 12 mars 2008)
1.L'économie expliquée aux petits affamés
On assiste actuellement à un grand moment de la bêtise humaine.
En dépit des progrès scientifiques, techniques, humains réalisés depuis près de deux siècles nous sommes en train collectivement de réaliser une performance extraordinaire : nous réinventons la
famine !
Non pas parce que s'abat sur nous une nuée de sauterelles dévoreuses et incontrôlables, non pas parce que des catastrophes climatiques imprévisibles ruinent soudainement les récoltes, non pas parce
que des sols épuisés par une exploitation irrationnelle ne peuvent plus fournir, bref non pas parce que nous subirions des phénomènes plus forts que nous et qui nous dépasseraient.
La famine touche aujourd'hui 17 pays dans le monde et demain encore plus, uniquement par dérèglement du système économique qui pousse les prix à des niveaux tels que certains meurent de faim parce
qu'ils ne peuvent plus se procurer la nourriture dont ils ont besoin.
Le scénario est simple et prévisible.
On nous annonce depuis des décennies que la Terre passe de 3 milliards d'individus dans les années 60 à 6 en 2000, 8 en 2025 et plus de 9 en 2050. Autant de bouches de plus à nourrir.
On se gargarise des miracles économiques de l'Asie du Sud Est dans les années 90 suivie aujourd'hui de la Chine et de l'Inde.
Encore plus de bouches à mieux nourrir, qui trouvent normal de se nourrir comme les 400 millions d'Occidentaux.
On nous explique que la ressource pétrole est la pire des avanies et qu'il faut lui substituer la ressource renouvelable bio à laquelle on prête toutes les vertus.
Encore moins de nourriture produite sur des surfaces qui ont été délibérément réduites pour cause de surproduction.
Les spéculateurs à la recherche de la variation rapide ( à la hausse comme à la baisse), ayant épuisé les joies de la Bourse, redécouvrent le monde merveilleux des matières premières : rares à
produire, coûteuses à transporter, volatiles en prix et assorties de risques non seulement politiques mais aussi climatiques. et, cerise sur le gâteau, indispensables pour la survie
quotidienne.
Alors s'enclenche un mécanisme que l'on connaît même dans les cours de maternelle: demande qui augmente, offre qui ne suit pas, spéculation qui pousse à la hausse, clients qui sortent du
marché.
Tout ceci a été vu, prévu, écrit et décrit.
Le problème vient de ce que cette fois, ce n'est pas le dentiste new-yorkais ou le golden boy qui perd son bonus, mais des millions de personnes qui ne peuvent plus acheter le bol de riz ou le
morceau de pain nécessaire à leur survie quotidienne.
La solution viendra des mêmes mécanismes : les prix élevés entraînent des investissements qui font croître la production, des recherches qui débouchent sur des produits mieux adaptés et des
procédés moins coûteux, des circuits plus efficaces, bref des prix qui rejoignent la demande.
Dans combien de temps ? un an, dix huit mois.
Relativement court par rapport à l'industrie puisque le cycle est en général annuel dans le domaine agricole.
Oui. Mais ceux qui ont faim pourront ils attendre?
Qu'en sortira t'il ?
Une écologie enfin plus respectueuse de l'homme ?
Des politiques plus responsables à l'égard des populations dont ils ont la charge?
Des économistes qui feront redécouvrir les priorités de base?
2.A la recherche d'un nouvel équilibre
Session du Conseil Général pour la poursuite de la mise en place des responsabilités départementales.
Séance calme et répartition raisonnable.
So far, so good... comme disent nos amis anglais.
L'équilibre est plus facile à trouver quand les positions des uns et des autres sont clairement établies.
L'ambiguïté ne sert que les esprits très subtils ou très irrésolus.
Les seconds sont plus nombreux que les premiers.
3.Budgets
La remise en route continue à s'effectuer grâce à la constance et à la qualité du travail d'une administration communale et communautaire qui peut
rester concentrée sur la bonne préparation des décisions pour peu qu'on lui donne des directives claires et des calendriers précis.
Du coup, avec de bons documents et des réactions rapides pour simuler les scénarii possibles, il est plus facile de trouver et de proposer des solutions.
En moins de 3 semaines, nous avons tenu les commissions des finances et les conse ils nécessaires aux votes des budgets communaux et communautaires soit pas loin d'une vingtaine de budgets
avec des équipes renouvelées pour moitié il y a moins d'un mois.
Mais ainsi, nous sommes dans les temps ( la loi nous donnait jusqu'au 15 avril pour voter les budgets) et nous pouvons travailler pour une année 2008 déjà bien
entamée.
Et ce ne sont pas les sujets qui manquent.
Francis Girault
Aucun commentaire pour cet article
Trackbacks
Aucun trackback pour cet article