Les seuls qui y trouvent quelque intérêt -au premier sens du terme- sont ceux qui depuis 60 ans vendent périodiquement sous forme de livres et d'interviews leurs souvenirs et leurs photos en
tentant de maintenir vivant un mythe révolutionnaire qui n'a réussi qu'à accélérer la société de consommation.
Il reste que à cette époque le pays a exprimé un ras le bol certain .
A l'égard de qui et de quoi?
Du chef de l'Etat qui était rattrapé par l'âge et qui ne donnait plus le sentiment- notamment à la population jeune -de lui préparer un avenir qui l'intéressait.
De la société qui était marquée par la lourdeur de beaucoup de conformismes dont on ne percevait pas ce qui pouvait les faire évoluer.
De la fin des épreuves de la reconstruction d'après-guerre et des conflits de la décolonisation qui ouvrait de nouveaux horizons.
La France se sentait prête économiquement et moralement pour un nouveau bond en avant que ses dirigeants n'ont pas su lui proposer.
Aujourd'hui le contexte est différent. Le pays a compris que l'immobilisme, si il est confortable, est néanmoins mortifère.
Il accepte de bouger et son président, même si il s'est révélé étonnamment maladroit, est animé d'une réelle volonté réformatrice.
Assez curieusement, les freins les plus sérieux, comme l'écrivait récemment de façon fort juste un journaliste, sont l'UMP et l'administration syndiquée.
Le pays est prêt à s'engager sur des thèmes mobilisateurs. Encore faut il lui en donner et la seule perspective de la réforme pour la réforme est insuffisante à cet égard.
Pour la même raison qu'en Mai 68, le pays peut s'enflammer parce que ses dirigeants ne savent pas capter son énergie en lui proposant un projet ambitieux à la hauteur de ses capacités et de ses
attentes.
Les bouleversements naissent de l'ennui et du sentiment que l'avenir ressemble trop au présent.
2. On reparle de l'enquête LGV
Les commissaires ont rendu leur rapport.
Déception générale.
Beaucoup ont l'impression que RFF a tenu la plume très serrée aux rédacteurs tant le rapport est éloigné de la compréhension que verbalement ils ont donné le sentiment de manifester à l'égard
des propos que nous avons été nombreux à leur tenir.
Le citoyen ne peut s'empêcher de regarder cette enquête comme un simulacre de concertation . On veut donner le sentiment d'un fonctionnement démocratique exemplaire qui permet une expression
des points de vue honnête et sincère.
En réalité, les décideurs (quelques ingénieurs de RFF) et les non décideurs ( les politiques qui laissent faire) ont bouclé le dossier bien avant l'enquête : on savait dès le début que l'on
abandonnerait quelques miettes pour faire comme si on avait entendu.
Ainsi, notre demande de tranchée couverte est devenue un passage en déblai dont les parois sont plus verticales quand on se rapproche du sommet de la tranchée.
Pitoyable! Il y a beaucoup de mépris pour les citoyens derrière tout cela.
Les politiques sont si fermes dans leurs méthodes de gouverner le pays qu'en quelques jours, on a pu assister à trois décisions totalement contradictoires:
1. M.Borloo décide d'enfouir la ligne haute tension en débat depuis 10 ans qui permettra de relier Perpignan à la Catalogne. Coût: supplémentaire :700 millions d'euros. Financeur: non pas EDF qui
vendra son courant aux Espagnols mais l'Etat ( c'est à dire le contribuable français) qui prendra le surcoût à sa charge au nom de l'environnement.
2.Abandon du projet de terminal gazier au Verdon qui aurait permis de disposer d'un deuxième point de livraison sur la façade atlantique et aurait favoriser l'industrialisation de territoires qui
en sont dépourvues : refus de M.Bussereau, pourtant secrétaire d'Etat aux transports, qui souhaite éviter à sa population de Saint Georges de Didonne située à 5 kms de l'autre côté de la Gironde,
la "pollution" visuelle de 2 bacs de 47 mètres de haut ( alors qu'un champ d'éoliennes de même taille ne fait pas frémir grand monde).
3. Massacre dans le Poitou des communes de Marigny-Brizay, Jaunay-Clan, Chasseneuil, Migné-Auxances, Vouneuil sous Biard et Fontaine le Comte par la LGV sous l'oeil impavide des politiques qui
n'agissent pas et celui plus impatient des fonctionnaires zélés qui préparent avec candeur (?) les futurs profits des concessionnaires de la ligne .
Trois poids, trois mesures.
Merci le Grenelle de l'Environnement.
Et on se demande pourquoi le citoyen s'estime trahi par ceux en qui il a placé sa confiance?
3. Note de lecture
Un ami m'a prêtè l'ouvrage de M. Raymond Bousquet intitulé "l'atelier de la rue des Filles-de-Dieu". Ed. des Cahiers Bourbonnais
Cet ouvrage relate la vie d'un tailleur de pierre rouennais à l'aube du 16éme siècle, écrit dans la veine des livres de Jean Diwo, avec le même souci de réalisme et d'exactitude historique.
Avec une différence qui se sent au travers des pages: M. Bousquet connaît intimement la matière sur laquelle il écrit puisque d'une part en qualité de tailleur de pierre, il a travaillé sur les
mêmes édifices que son héros -Blois, Orléans et Rouen- et d'autre part en tant qu'ancien patron des carrières de Chauvigny et résidant à Jaunay-Clan il peut parler du site carrier
de Lavoux, du château de Pierre d'Amboise à Dissay ou de Bonnivet, premier "château de la Loire" (bien qu'en Poitou) en ce qu'il a été un des premiers à s'inspirer très directement de la
Renaissance italienne, ramenée de ses campagnes italiennes par Gouffier, amiral de Bonnivet, compagnon de François Ier.
Le livre, intelligemment illustré de statues et parties d'oeuvres, se lit avec d'autant plus de plaisir qu'il met en évidence un épisode rarement décrit : les frictions et la compétition
entre compagnons français pétris de références gothiques et profondément religieuses et les artisans italiens préférés des commanditaires parce que représentant la un art nouveau, plus
humaniste et dégagé des canons traditionnels.
Là encore, une époque finissait, une autre naissait.
Si tant est que ce n'est pas le mouvement qui fait problème, mais l'incapacité de le voir et de le comprendre.
L’avis de la Commission d’Enquête ne pouvait être mettre en cause l’utilité publique du projet de LGV pour 2 raisons principales : l’EUP du tronçon Angoulême-Bordeaux a déjà été prononcée et le Président de la Commission est le même pour les 2 commissions.
Donc sur le fond la Commission d’Enquête du tronçon Tours-Angoulême ne pouvait donc agir en toute indépendance et impartialité par rapport à celle d’Angoulême-Bordeaux.
Le contenu de l’avis de la Commission d’Enquête ne pouvait être différent du fait de sa méthode de travail. Voici comment est traité une de vos questions ou avis : RFF prend une décision après avoir fait des études techniques, la transcrit sur le dossier EUP, vous émettez un avis contradictoire étayée par un homme de l’art puisque vous n’être pas vous-même un spécialiste en la matière, le Commissaire lit votre avis, en fait part à RFF qui donne une réponse en tant que technicien.
Comment voulez-vous que votre demande soit prise en compte ? Comment un Commissaire peut-il prendre un avis équitable puisqu’il fait appel à un spécialiste qui est précisément celui qui a pris la décision initiale ? RFF est juge et partie.
Donc sur la forme la Commission d’Enquête n’a pas agi en toute impartialité.
Je laisse à votre réflexion le point suivant : la Commission émet un avis sur la base d’une analyse coût/avantage. Si l’avantage est jugé supérieur au coût la Commission l’avis est favorable. C’est normal.
Ce qui l’est moins dans ce dossier, c’est que RFF, comptable des deniers de l’Etat et sous la pression de celui-ci, en diminue les coûts et en augmente les avantages (cf. les derniers commentaires de la Cour des Comptes sur les lignes TGV).
Ainsi forcément le dossier ne peut-être que d’utilité publique. CQFD !
Au risque de me répéter tout ceci n’est qu’un marché de DUPe.
Mais les 30 secondes d’abattement passées suite à la lecture de l’avis, la Commission a réussi à décupler la détermination des troupes et j’en veux pour preuve la réunion d’hier du Comité TGV Réaction Citoyenne
Patrick Lantrès
commentaire n° : 1
posté par :
Patrick Lantrès
le: 07/05/2008 11:02:37
L’avis de la Commission d’Enquête ne pouvait être mettre en cause l’utilité publique du projet de LGV pour 2 raisons principales : l’EUP du tronçon Angoulême-Bordeaux a déjà été prononcée et le Président de la Commission est le même pour les 2 commissions.
Donc sur le fond la Commission d’Enquête du tronçon Tours-Angoulême ne pouvait donc agir en toute indépendance et impartialité par rapport à celle d’Angoulême-Bordeaux.
Le contenu de l’avis de la Commission d’Enquête ne pouvait être différent du fait de sa méthode de travail. Voici comment est traité une de vos questions ou avis : RFF prend une décision après avoir fait des études techniques, la transcrit sur le dossier EUP, vous émettez un avis contradictoire étayée par un homme de l’art puisque vous n’être pas vous-même un spécialiste en la matière, le Commissaire lit votre avis, en fait part à RFF qui donne une réponse en tant que technicien.
Comment voulez-vous que votre demande soit prise en compte ? Comment un Commissaire peut-il prendre un avis équitable puisqu’il fait appel à un spécialiste qui est précisément celui qui a pris la décision initiale ? RFF est juge et partie.
Donc sur la forme la Commission d’Enquête n’a pas agi en toute impartialité.
Je laisse à votre réflexion le point suivant : la Commission émet un avis sur la base d’une analyse coût/avantage. Si l’avantage est jugé supérieur au coût la Commission l’avis est favorable. C’est normal.
Ce qui l’est moins dans ce dossier, c’est que RFF, comptable des deniers de l’Etat et sous la pression de celui-ci, en diminue les coûts et en augmente les avantages (cf. les derniers commentaires de la Cour des Comptes sur les lignes TGV).
Ainsi forcément le dossier ne peut-être que d’utilité publique. CQFD !
Au risque de me répéter tout ceci n’est qu’un marché de DUPe.
Mais les 30 secondes d’abattement passées suite à la lecture de l’avis, la Commission a réussi à décupler la détermination des troupes et j’en veux pour preuve la réunion d’hier du Comité TGV Réaction Citoyenne
Patrick Lantrès