Vendredi 21 avril 2006

SEMAINES 15&16 (10 avril-21 avril 2006)

 

 

 

 

1.Semaine 15 : Office Français de Protection des Réfugiés et Apatrides :

 

Deux évènements importants dans la semaine : j’ai présenté avec le Directeur Général de l’OFPRA,  à la presse et aux organisations non gouvernementales le rapport d’activité de 2005 et ai présidé la réunion de préparation du Conseil d’administration prévu en mai.

 

Le droit d’asile pour les étrangers dont les conditions d’existence sont physiquement menacées dans leur pays à raison de leurs opinions, de leur ethnie, de pratiques soi-disant traditionnelles (mutilations génitales féminines par exemple) ou de certaines spécificités comportementales, reste une tradition républicaine française.

 

Nous devons nous en honorer.

La France demeure en 2005  le premier pays d’accueil au titre du droit d’asile dans le monde .

 

Comme il ressort d’un récent rapport du Haut Commissariat aux Réfugiés (organisme dépendant de l’ONU) la demande d’asile est en régression partout dans le monde et la France n’échappe pas à cette tendance.

 

Les raisons sont délicates à identifier. D’une part, petit à petit le respect des droits de l’homme et des libertés fondamentales gagne du terrain. De plus en plus de pays inscrivent ces droits dans leur Constitution et, en fonction de leurs moyens, s’efforcent de les faire respecter.

D’autre part, les procédures d’examen sont appliquées avec d’autant plus de rigueur que se manifeste de plus en plus  fortement une autre demande d’accueil qui, elle est d’origine essentiellement économique.

 

Or autant l’accueil politique est un devoir pour nos pays démocratiques, autant il est impossible de recevoir la pauvreté du monde dans nos économies qui elles-mêmes ne parviennent pas à élever le niveau de vie de la  partie la plus défavorisée de notre population.

 

Notre système d’accueil au titre du droit d’asile me paraît  fonctionner convenablement. L’échange, lors de la présentation du rapport d’activité, a été courtois et les revendications des ONG ont été exprimées sous une forme qui, bien que ferme, se veut positive.

 

Il faut toujours progresser. Un séminaire de réflexion réunira pour deux jours les dirigeants de l’OFPRA à la fin du mois…au prieuré de Saint-Léger sur mon invitation.

 

Une fois de plus, la capacité d’attraction de nos communes se manifeste pour des opérations de formation conjuguant travail dans des lieux d’accueil adaptés, Futuroscope pour la détente, proximité de Paris et budget raisonnable.

 

 

2.Semaine 16 :quelques jours de repos et de lecture.

 

J’ai mis à profit le week-end de Pâques pour l’allonger par quelques jours de repos afin de recharger les batteries qui ne l’avaient pas été depuis Noël.

 

Je lis le livre de F.O.Giesbert intitulé « La tragédie du Président-Scènes de la vie politique 1986-2006 ».

 

Très édifiant. Je croyais avoir quelque expérience de la politique et des hommes.

A lire Giesbert (et je n’ai pas de raison de douter de ses écrits) la démesure dans le goût pour le pouvoir est encore plus grande que ce que j’avais perçu jusqu’alors.

 

Il est confondant de voir à quel point les énergies sont tendues et mobilisées pour gagner le pouvoir. Il est affligeant de voir, à part de rares exceptions prés, ce qu’il en reste quand il faut l’exercer : amateurisme, court termisme, immobilisme....

Ce n’est pas qu’au niveau national qu’on peut le vérifier.

 

La situation décrite par Giesbert est accablante : une France championne du monde pour le nombre de fonctionnaires, opérant le plus fort taux de prélèvements fiscaux et sociaux, vivant depuis vingt ans de l’emprunt insouciante de la charge laissée à la génération qui nous suit.

 

Pour toute recette politique, la consommation forcenée à court terme pour faire oublier tous les problèmes non résolus qui bourgeonnent et qui nous éclatent à la figure tous les six mois.

 

Le sens de l’intérêt public a déserté le politique.

Le gouvernement des affaires publiques fondé sur les sondages est devenu la règle, ouvrant la porte à toutes les dérives : communication à outrance (recherche du « truc » qui sera repris au JT de 20h), gesticulation qui tient lieu de décisions( le flux permanent de lois,décrets et arrêtés sensés régler tous les problèmes est devenu grotesque), gestion déplorable des ressources humaines de l’administration (autant de talents formés à grand prix, galvaudés dans des emplois accessoires et retirés des forces productives du pays), poursuite de coups politiciens qui « foirent » lamentablement : référendum sur la constitution européenne, CPE…

 

L’entreprise France est mal gérée. Elle ne parvient plus à faire face à ses obligations et surtout à sa mission première qui est l’épanouissement et la dignité de tous ses citoyens.

 

J’ai honte pour mon pays, j’ai honte pour ma génération qui a tant reçu de celle qui l’a précédée, celle qui avait hérité d’un pays détruit par cinq ans d’occupation et qui avait su le relever grâce à son travail et à son énergie.

 

Le monde et les affaires publiques et privées ne posent pas de problèmes plus difficiles à résoudre aujourd’hui qu’il y a cinquante ans ou dix siècles. C’est la qualité des hommes et des femmes qui ont à les affronter, qui fait la différence.

 

Je suis convaincu que peuvent émerger du sein de notre pays quelques dirigeants politiques capables de retrouver et d’incarner dans les actes de gouvernement, nos valeurs sûres : bon sens, simplicité, honnêteté, goût du travail bien fait, courage dans les décisions et volonté de pédagogie.

 

Ces vertus que certains trouvent modestes, nombre d’entre nous les pratiquons au quotidien, faisons marcher nos entreprises grâce à elles et tentons de les transmettre au sein de nos familles et de nos entourages.

 

 

Ils sont nombreux ceux qui partagent cette qualité.

J’en connais beaucoup.

Rares sont ceux qui acceptent de s’investir dans la politique tant ils sont rapidement abasourdis par le spectacle et les moeurs qu’ils découvrent dans le milieu de la politique politicienne*.

 

J’espère qu’un jour viendra où ces gens qui envers et contre tout continuent à faire tourner l’entreprise France, se lèveront et revendiqueront les « manettes » en lieu et place des politiciens professionnels qui, pour la plupart, ont tant failli à les tenir efficacement et dignement.

 

C’est, je crois, un des grands mérites du livre de Giesbert de faire prendre conscience du fossé qui s’est creusé en France entre la classe politique actuelle et le pays profond qu’elle ne parvient plus à incarner ni même à représenter..

 

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*je n’englobe pas dans ce milieu, les élus de base- maires et conseillers municipaux- qui pour la plupart sont des gestionnaires excellents et responsables, préoccupés du seul intérêt de leur commune et qui ,bien souvent, ne vivent pas leur mandat comme un acte politique.

par GIRAULT Francis publié dans : francis.girault
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