>>> Francis Girault
SEMAINE 18 (2 au 6 mai 2006)
1.PAYS HAUT-POITOU et CLAIN
Présidence
du Conseil d'administration et de l'Assemblée Générale du Pays à Mirebeau.
Occasion de faire le point sur le chemin parcouru depuis un an, date de la création du nouveau Pays.
Aux dires des personnes présentes, cette première année a permis de mettre en place une structure légère mais efficace, de signer un contrat avec la Région ( 2,3 millions d'euros) et un autre avec l'Etat, d'apprendre à mieux se connaitre entre élus, d'améliorer notre compréhension du fonctionnement de la région, de démarrer un travail de réflexion par commission qui commence à produire des résultats tres concrets.
Vote à l'unanimité moins une abstention des comptes 2005 et vote à l'unanimité du budget 2006.
4 sujets lourds:Operation de rénovation du commerce et de l'artisanat, opération programmée d'améliorationde l'habitat, actions emploi avec apprentissage et bornes emplois, plan d'équipement du Pays en Bassins couverts pour la pratique nautique( St Cyr, Lencloitre, Neuville).
Du pain sur la planche... mais on avance.
2.Handysport à StCyr
Représentation du président du Conseil Général Samedi soir au week end sur le lac de StCyr, organisé par une association poitevine pour promouvoir le sport pour handicapés.
Démonstration de matériel permettant à des handicapés de pratiquer la voile.Baptème de l'air en montgolfiere.
Le courage et la volonté des personnes victimes d'un handicap est une source renouvelée d'admiration.Quel exemple pour nous-mêmes et nos jeunes! quelle gaieté et quelle joie de vivre chez ces personnes qui auraient tous motifs pour en vouloir aux autres et envier les bien portants.C'est le contraire.
On repart tout revigoré par l'exemple qui nous est ainsi donné. Bravo.
3.PAROLES, PAROLES....(I)
Ce fut un tube il y a quelques années.
C'est aujourd'hui le résumé de la vie politique tant nationale que locale.
Cette semaine a été particulièrement illustrative : qu'a dit le Premier Ministre en janvier 2004 dans son bureau, que n'a pas dit le Général Rondeau aux juges d'instruction , qu'aurait dû dire le Ministre de la défense à son collègue Ministre d'Etat, ministre de l'intérieur, que devrait dire le Président de la République après ce qu'il n'a pas dit à son ministre des Affaires Etrangères de l'époque? ?
Tous ne nous disent qu'une chose : ils sont blessés, ils sont les victimes naïves et pétries de bonne foi d'une immense confusion d'un nouveau type : sans auteur, sans tireur de ficelles, sans machiavel au petit pied. Une « affaire » à génération spontanée en quelque sorte.
Bien commode. Sauf pour la justice, convoquée comme d'habitude par les mêmes avec autorité et impatience :« il faut laisser la justice faire son travail... je fais confiance à la justice de mon pays... ».On attend d'elle qu'elle désigne les victimes et les livre à la compassion publique et nouveauté... on ne lui demande surtout pas de trouver un coupable.
Pratique pour tout le monde.
Alors puisque on reste dans la parole, ils attendent de nous, le petit peuple républicain, qu'on leur dise que tout ça n'est pas de leur faute, qu'on les aime et qu'on les admire, quils peuvent rester en place et continuer à soigner leurs egos et pousser leurs ambitions.
La presse étrangère (pour la fraction qui s'intéresse encore à nous) nous regarde avec pitié. Mes amis non-français m'appellent avec effarement, ne comprenant plus ce qui nous arrive.
Je me sens profondément humilié.
4.PAROLES,PAROLES... (II)
J'ai participé cette semaine à quelques inaugurations et réunions : un florilège de « je me bats pour..., je ne laisserai pas faire....rien n'est plus important à mes yeux...je fais aujourd'hui un pari.Dans vingt ans, vous verrez que...».
On a le sentiment que pour nombre de politiques tout se résume actuellement à la parole.
Sur tout sujet et en toute occasion, parler suffit.
Nul besoin de décider. Encore moins d'agir.
Et parler n'implique pas davantage de réfléchir.
Le politique aujourd'hui parle pour exister. Et il est convaincu qu'il existe parce qu'il parle.
J'ai vu l'excellente pièce « L'affaire Dussaert » qui malheureusement vient de quitter l'affiche.
Un peintre atteint la renommée mondiale en présentant, sous les applaudissements d'une foule admirative, à l'issue d'un longue recherche de la quintessence de son art, une absence totale d??uvre. Le titre, seul témoin de l'existence de l'ouvrage, est prémonitoire : « Après tout...».
On peut appliquer cette fable à certains discours d'aujourd'hui, y compris à certaine campagne présidentielle dont la source est proche de nous : on est arrivé à parler aujourd'hui sans avoir plus besoin de dire.
Le vide d'action, l'absence de programme sont regardés désormais comme le nec plus ultra de la communication politique et remplissent, si je puis dire, avantageusement aux yeux de certains, la parole politique.
Pour combien de temps encore?
Le mépris poussé à ce point du citoyen ne peut déboucher que sur de tristes lendemains.