Dimanche 23 septembre 2007
SEMAINE 38 ( DU 17 au 22 septembre 2007)


1.Venue de Martin Hirsch

Martin Hirsch est venu présenter le Revenu de Solidarité active destiné à dynamiser la réintégration des RMIstes. Le principe en est intéressant. Il consiste à créer un effet de levier pour le Rmiste qui retrouve un emploi, effet de levier qui constitue un véritable incitatif financier à sortir du RMI.

Obligé de partir car participant le même jour à une séance au Conseil, je n'ai pu prendre part à la totalité de la séance et n'ai pas eu l'exposé pratique de l'application du système.

Mais ceux qui y ont assisté m'ont dit que la suite de la présentation avait été concrète. En effet notre Pays fait partie de l'expérimentation du Système qui ne sera généralisé qu'après "rodage".
Nous aurons donc dans les prochaines à le mettre pratiquement en oeuvre sur notre territoire.

2. Intervention télévisée du Président

J'ai suivi avec attention l'intervention du Président.
Le ton est très nouveau : simplicité du propos qui fait qu'il est immédiatement compris, bon sens dans la façon de poser et de répondre aux problèmes, sincérité sur la volonté de réaliser les engagements de la campagne, culture du résultat .

Il se dégage une énergie et une volonté de réussir que l'on a pas connu depuis longtemps. Personne ne peut dire si le changement sera à la hauteur de ce qu'il souhaite et dont le pays a besoin  mais nul ne pourra pas lui reprocher de ne pas avoir essayé avec une détermination totale.

Se présenter comme l'homme des solutions peut paraître une rodomontade mais c'est aussi et d'abord un acte de leadership inhabituel dans le monde politique.

Le discours et le comportement politique ne peut plus être le même désormais. J 'entendais à la radio, une intervention d'un dirigeant deux jours plus tard. La parole apparaissait pompeuse, loin des réalités et pour tout dire ennuyeuse.

Une page est tournée. Nos concitoyens veulent des actes et ne légitimeront que les politiques capables d'agir sur le fond et non plus de gérer la forme.

Le temps de la communication qui se substitue à la décision, de l'action qui se  résume à la distribution de petits privilèges pour se créer une clientèle du haut en bas de notre système public, des mandats dont on ne rend pas compte se termine.

La suite ne sera pas plus facile :nos concitoyens donnent la priorité à la real politik et non plus aux idées générales et exigent de leurs représentants des résultats concrets et non de l'idéologie.


3.Groupe de travail ATTALI

Il devient urgent de connaître les conclusions du groupe Attali sur les freins à la croissance.

Le mot malheureux du Premier ministre ( mais qui reflète à la fois sa réalité quotidienne et sa préoccupation majeure) sur la faillite de l'Etat a brutalement précipité devant la scène un constat connu de tous.

M.Trichet, ravi de pouvoir lever la pression que fait peser sur lui les remarques de la France sur l'euro fort, s'est fait immédiatement un plaisir de rappeler notre pays à davantage de modestie en lui rappelant qu'elle doit d'abord mettre de l'ordre dans ses affaires avant de prétendre régler celles des autres. Ce qui n'est pas faux.

Constatons au passage qu'il est heureux que la France ait l'euro pour monnaie.Du temps du Franc, ce type d'échanges publics nous coûtait une immédiate dévaluation d'au moins 20% !

Soyons réalistes. Ce ne sont pas les mots qui créent les problèmes. C'est le refus depuis 20 ans d'accepter l'idée que nous vivons au-dessus de nos moyens (Barre le disait déjà en 1988, ce qui n'a pas à sa campagne présidentielle).

Aujourd'hui, nous sommes au pied du mur.
Soit la rigueur pour plusieurs années et la remise en cause sévère de notre mode de vie notamment en matière de solidarité.
Soit, ce qu'essaie le Président, une course de vitesse pour faire sauter le plus vite possible nos principaux blocages pour espérer que ceux-ci ayant disparu, la croissance prenne le relais et permette de desserrer les contraintes.

Soit je le crains, parce que nous avons trop attendu, les deux.

Si l'on ajoute la crise de confiance bancaire qui perdure, selon ce que m'a expliqué en détail un ami banquier, et le refus de la BCE de baisser les taux d'intérêt qui ainsi ne veut pas doper la reprise par le simple levier monétaire mais renvoie aux gouvernements le soin de le faire par le budgétaire, notre situation est en effet critique.

Cela veut dire que nous sommes au début de remises en cause drastiques et que se termine une époque.
Celle inaugurée dans les années 80 où après les trente glorieuses, nous avons basculé dans le rêve qui devait devenir ( enfin) réalité et traversé ce que l'on appellera peut-être les trente oiseuses.

La récréation est finie. Les temps durs sont à venir.


4.Nervosités

Je trouve que nous sommes bien nerveux dans cette rentrée.

Conséquence d'un été maussade ?
Effets de sept ans de mandats pour les élus locaux avec des équipes qui fatiguent ?
Approches des échéances électorales qui excitent les egos ?
Sentiments diffus de temps difficiles à venir?
Crainte de l'avenir et du changement qui caractérise notre vieux pays ?
Résultats sportifs décevants?

Je ne sais, mais je constate un manque de sérénité et une propension à la dissension qui n'existait pas avant l'été.

Les semaines à venir diront si ce vent annonciateur d'un hiver aigre et froid perdure ou s'il s'évanouit pour laisser la place à des zéphyrs porteurs de l'espérance de jours plus souriants.

                                                 
                                                                     Francis Girault


par GIRAULT Francis publié dans : francis.girault
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