Lundi 5 novembre 2007
SEMAINE 44 (Du 29 octobre au 3 novembre 2007)

1.Grenelle de l'environnement

Je n'ai pas bien compris le résultat du Grenelle de l'Environnement si ce n'est que tous les participants paraissent satisfaits.

C'est en soi un résultat que de mettre autour d'une table et apparemment d'accord les diverses et nombreuses composantes de l'univers "Environnement".

Mais qu'en est-il sorti exactement?
Que le gouvernement ait clairement manifesté que l'environnement faisait partie intégrante de ses politiques et qu'il n'entend pas laisser à d'autres le soin de confisquer ce thème, c'est un premier point.

Que l'on utilise l'environnement comme nouvelle assiette fiscale, en est un second. La présentation est habile. Vous voulez que l'environnement soit protégé, et bien il faut payer. Comme si les impôts déjà existants ne pouvaient pourvoir à ce que l'on désigne comme le problème numéro 1 de notre époque!. Il est vrai que sans redistribution et meilleur contrôle des dépenses en cours, on ne peut sans ressources nouvelles engager des programmes nouveaux.

Quels seront-ils?
C'est là, le plus préoccupant. Le flou des propositions laisse penser le pire. Ou bien on ne fera rien ou pas grand chose au-delà des postures et des discours et ce n'est pas très grave. Ou bien, on veut faire quelque chose et là, cela peut coûter très cher.
Comme l'écrivait un journaliste récemment, le Grenelle de l'environnement peut déboucher sur un nouveau "35 heures" avec les mêmes effets ravageurs sur notre économie.

Avec comme circonstance aggravante, que la lutte contre les gaz à effet de serre doit être nécessairement mondiale. Que la France consacre 3% de son PIB à l'environnement- ce qui pour elle représente un effort considérable- n'aura qu'un effet très faible sur le réchauffement climatique.

Attention à ne pas repartir dans ces croisades dont nous avons le secret, dans lesquelles le désir de donner des leçons au monde entier nous fait perdre tout sens pratique et nous fait nous retrouver un peu plus pauvre, sans grand résultat à mettre en face.

Je suis inquiet.

2.Une autre Vienne

Je viens de passer 4 jours à Vienne en Autriche à l'occasion de la Toussaint.

Outre le plaisir de faire découvrir la ville à ma petite fille, j'ai vu avec de nouveaux yeux, ce pays dans lequel je n'avais fait que des passages météoritiques lorsque j'étais dans l'industrie.
(Vienne accueille de nombreuses réunions de l' Opep).

1ere observation: le passé est toujours très prégnant.

On sent que l'histoire de cette capitale (plus encore que l'Autriche elle-même) qui a dominé l'Europe est encore très actuelle dans les esprits, malgré la réduction à 10 millions d'habitants du pays qu'elle représente aujourd'hui et le drame de sa disparition entre 1938 et 1945, sept années pendant lesquelles, après l'Anscluss, l'Autriche était devenue une simple province du Grand Reich.

La nostalgie d'un pouvoir s'étendant de l'Espagne au nord de l'Allemagne en passant par la Bourgogne, les Flandres et l'Europe Centrale se manifeste, bien sûr, dans l'architecture grandiose de la ville mais aussi dans ses richesses culturelles (le Kunsthistörisches Museum contient des collections extraordinaires).

Cette nostalgie s'explique en partie par la conscience qu'ont les Autrichiens que le temps de la splendeur est à jamais révolu .

Mais aussi parce que leur capacité à ériger et à faire vivre un ensemble protéiforme, composé de dizaines de territoires aux statuts plus ou moins définis qui trouvaient dans l'Empire un système de protection, de tolérance et d'intérêts, s'est émoussée au fur et à mesure de la montée des nationalismes au 19ème siècle.
Faute d'avoir pu créer à l'instar de la France, du Royaume Uni, puis de l'Allemagne et de l'Italie, des pouvoirs forts et centralisés, l'Empire s'est délité et replié sur lui jusqu'à disparaître.

2ème observation: le présent et l'avenir sont plutôt roses.

Toutefois, ne nous y trompons pas.
Les qualités de ce peuple qui, à l'échelle du monde de son époque a su créer et organiser une des premières formes de mondialisation, sont toujours présentes: capacités à établir des relations avec des interlocuteurs aux modes de vie radicalement différents, appétences culturelles multiples, respect d'autrui, sens de la synthèse entre les mondes slaves, catholiques espagnols, catholiques français, catholiques italiens, protestants germaniques...
Toutes ces qualités sont à l'oeuvre en ce moment pour utiliser au mieux la nouvelle position stratégique que confère au sein de l'Europe à l'Autriche, l'élargissement à l'Est.
Elle retrouve son rôle historique au sein d'une Mitteleuropa en pleine recomposition.

Mais cette fois au service de son économie qui est très florissante. Notre ambassadeur avec lequel j'ai eu un entretien, me confirmait que depuis 15 ans, l'Autriche a réussi à générer un point de croissance de plus que la moyenne européenne. Le niveau de vie moyen dépasse aujourd'hui celui de la France!

3éme observation: un marketing touristique très efficace.

Sissi fait défiler des touristes du monde entier tant à la Hofburg qu'à Schönbrunn avec un égal et permanent succès.

Marie-Thérèse est éclipsée. La "peopilisation" envahit même l'histoire. Est-ce le signe de notre époque? Est-ce le résultat d'un marketing touristique réussi? En tous les cas, ça marche.

La musique, omniprésente, constitue un second atout mais qui n'est pas réservé aux seuls touristes.
Les Viennois demeurent fous de musique. Il faut voir la foule se presser le soir devant les salles de concert.
Soirée intéressante à l'Opéra avec un ballet d'exécution parfaite- Coppélia- mais un peu académique et superbe messe de Salieri à la HofburgKappele.

Nous avons bien évidemment sacrifier à la gastronomie locale (un peu lourde) avec la Sacher Törte au Café Sacher et le canard
grillé au choux rouge consommé dans une auberge de Grinzing arrosé du délicieux vin blanc qui continue-nous a t'on assuré- à être produit sur le coteau du même nom à dix minutes du Ring.


3.Notre Vienne

A peine de retour, j'ai été rattrapé par les bouillonnements que connaît la majorité départementale à l'approche des échéances électorales .

La vie politique est souvent ainsi faite dans notre pays.
Mais est-ce bien raisonnable et responsable de se donner ainsi en spectacle ?

La considération accordée à l'électeur doit être la raison première de la vie publique et sa finalité ultime.
Les calculs de position personnelle, pour inévitables qu'ils soient, ne doivent venir qu'après et en tout état de cause, ne grandissent guère ceux qui s'y livrent.

N'ayant pas de considération authentique et sincère pour ceux qui leur apportent leur voix, qu'ils ne s'étonnent pas de ne pas en recevoir en retour.

Je suis affligé.

4.Le Millier

Pour terminer sur une note plus optimiste. Ce blog vient de dépasser en octobre le millier de lecteurs. Je suis ravi (et un peu inquiet) de savoir que ma prose spontanée est lue par tant d'yeux perspicaces. Il va falloir que je fasse attention!

En ouvrant cette lettre hebdomadaire, j'avais le sentiment qu'un nouveau mode de communication est en train de naître.
Votre intérêt le prouve.

Merci à toutes et à tous.


                                      Francis Girault
par GIRAULT Francis publié dans : francis.girault
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