Lundi 10 décembre 2007
SEMAINE 49 (Du 3 au 8 décembre 2007)

1. De l'économie de marché

Deux paradoxes récents donnent à réfléchir sur les idéologies et sur leurs effets réels:

La hausse du prix du baril:
Elle résulte des purs mécanismes classiques du marché: offre, demande, pas de producteurs dominants ( la compétition fait rage au sein de l'Opep) et composante la plus aboutie aujourd'hui, la  spéculation animée sur le marché des "futures" par des acteurs uniquement financiers ( spéculation qui représente aujourd'hui de l'ordre de 30 à 40% du prix).
Le marché est parvenu à réaliser en deux années ce que vingt ans de discussions enfiévrées (souvenons nous du sommet de Rio en 92 et des projets d'éco-taxe: 1$ de plus sur le baril ! montant de taxe qui faisait hurler d'horreur la communauté économique) et toute l'idéologie "verte" des nineties appelaient de ces voeux: la diminution de la consommation de carburants dans les pays développés.
 
C'est ainsi que ce ne sont ni les idéologues verts, ni la pure rationalité des économistes, ni la "raison" d'Etat des politiques qui sont la cause de ce résultat, mais le libre jeu de l'économie de marché, que nombre d'idéologues ont si longtemps vomi.

Quelle  leçon ! Cela devrait rendre modeste sur la puissance des idées ! Mais saura t'on la tirer?

Autre constat: la capacité de nos économies a absorbé un choc dont les équivalents, pour ceux qui s'en souviennent, en 1973 puis en 1980 avaient plongé le monde dans des crises économiques profondes.

Face à un baril entre 90 et 100£, on s'interroge à longueur de colonnes d'articles d'économistes pour savoir si nous sommes dans un 3ème choc, alors que ces mêmes montants évoqués il y a seulement 5 ans auraient provoqué ou l'incrédulité ou la panique .

Une interrogation : que font les pays producteurs des milliards de $ encaissés chaque année: le Moyen Orient, l'Amérique latine, certains pays africains, la Russie ?

A la suite de 73 et en 80, on a vu fleurir guerres civiles, conflits de frontière et dictatures militaires et religieuses. Sont-ils devenus plus raisonnables ?

Qu'en pensent nos idéologues ?  Uniquement préoccupés à sanctionner les consommateurs des pays développés, ils ne veulent pas voir les périls nouveaux s'accumuler grâce aux moyens considérables en armes et en argent dont disposent, de nouveau, un certain nombre de pays. Mais ceux-ci ont l'immense vertu à leurs yeux d'être sous-développés et ceux non pas à la suite de l'incompétence et de la corruption de leurs dirigeants mais, bien évidemment de la faute des pays occidentaux, avides d'exploiter leurs ressources.

Plus que jamais, revenons aux principes de réalité.

Ainsi, il est un signe qui ne trompe guère: malgré la hausse du prix du baril, les valeurs pétrolières ne s'envolent pas en Bourse. Serait-ce que parce que les financiers ne croient pas à la pérennité du maintien du baril au sommet aujourd'hui atteint ?
 
A suivre.
 
2. De la générosité publique


J'ai participé à deux manifestations du Telethon .
 
On reste confondu devant tant de dévouement et de générosité. Ceci confirme une fois de plus ce que j'observe souvent: 90% des gens sont plus que bien et prêts à répondre positivement à tout appel fondé.
 
Malheureusement la plupart des lois et règlements sont faits pour contenir les 5 à 10% de déviants sociaux (qui ne sont toutefois pas toujours les mêmes). De plus, les médias, sauf exception, mettent plutôt en avant ces mêmes déviances, plus vendeuses que la vertu qui consiste à assurer pour sa part l'ordre de chaque jour.
 
Et pourtant si nos sociétés avancent vaille que vaille, c'est bien grâce à cette bonne volonté collective.
 
Ce n'est pas le moindre mérite du Telethon de nous rappeler une fois par an ce côté positif et gratifiant de notre société.
 
3.De l'effort à venir
 
La préparation des budgets pour 2008 se poursuit.
 
M'apparaît de plus en plus la montée des contraintes de tous ordres.
 
Progression des coûts: énergie, alimentation, multiplication des normes imposées aux services gérés par les collectivités territoriales, accroissement des droits opposables au...Aujourd'hui le logement, demain la petite enfance.
 
Tout ceci sur fond de stagnation économique et de hausse des coûts d'intérêts.
 
Le grand jour de la remise à l'heure des pendules approche. Il faut accepter l'idée que collectivement nous vivons au-dessus de nos moyens à tous les étages.
 
Nous ne ferons pas l'économie d'une remise à plat, comme avant nous l'ont fait nos voisins.
 
Ce n'est pas si terrible que cela. Il ne faut pas avoir peur de faire des efforts d'adaptation. Un peu de jeûne ne nuit à personne. Et ensuite, on repart d'autant mieux que l'on s'est allégé de vielles habitudes couteuses aux quelles on n'est finalement attaché que par réflexe de déjà vieux.
 
Mais pour cela il faut accepter une part de risque, une part d'aventure et non la recherche de la situation consolidée et abritée dans laquelle on cherche à obtenir que, mécaniquement, demain soit mieux qu'aujourd'hui.
 
Une récente conversation avec deux jeunes récemment m'ont fait comprendre que ce "nirvana" modèle réduit continue pour certains à être le "nec plus ultra" d'une société aboutie.
 
J'ai tenté de leur faire comprendre quer ce n'est pas ça, la vie et que ce modèle ne fonctionne nulle part. Quand il tente d'exister, il génère des insatisfaits chroniques voire des aigris.
 
La marche en avant et donc la prise de risque (raisonnée s'entend) demeurent les véritables moteurs de notre temps.
 
Les temps à venir vont nous le rappeler.
L'audace ne résidera pas tant dans des projets nouveaux qu'à trouver de nouvelles organisations et moyens pour d'abord maintenir l'existant et, si possible, continuer à progresser.
 
C'est ce à quoi, nous avons commencé à travailler pour 2008 au niveau de la commune, de la communauté de communes et du pays.
 
Le principe de réalité, déjà évoqué, s'il conduit à l'effort, ne mènent jamais aux désillusions.
 
 
                                        Francis Girault
 
 
 
par GIRAULT Francis publié dans : francis.girault
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander

Commentaires

Aucun commentaire pour cet article

Trackbacks

Aucun trackback pour cet article
blog trafic sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus